« Je ne sais vraiment pas comment vous l’expliquer davantage, j’ai dit cela plusieurs fois, mais nous sommes dans une situation véritablement très critique ». La   porte-parole du ministère de la Santé, Nissaf Ben Alaya, a du mal à trouver les mots qu’il faut pour alerter la population de l’urgence de la situation épidémiologique dans le pays, lors de la conférence de presse tenue hier par la commission nationale de lutte contre le coronavirus à la Kasbah. La conférence de presse prévue à 12h30 a finalement débuté une heure plus tard, pour annoncer des mesures supplémentaires dans l’objectif de tenter, tant bien que mal, de casser la progression de ce qui est communément appelé « la troisième vague » de la pandémie de Covid-19, alors que les établissements sanitaires privés et publics arrivent à saturation. Encore une fois, la commission choisit de ne pas opter pour un confinement général de la population comme on aurait pu penser, mais de  privilégier des restrictions supplémentaires, qui s’ajoutent à celles décidés la veille du mois de Ramadan.

Ainsi, la commission nationale de lutte contre le coronavirus a décidé qu’à partir du 3 mai et jusqu’au 16 mai, le confinement sera obligatoire  dans un hôtel pendant 7 jours pour les personnes qui entrent sur le territoire tunisien, avec l’exigence d’un test PCR entre le 5e et le 7e jour. Il a également été décidé de poursuivre la suspension des cours dans les écoles, les collèges et les lycées, à l’exception des classes concernées par des examens nationaux. L’enseignement à distance, à l’exception de ceux concernés par des examens nationaux, est aussi prolongé. Le ministère de la Santé invite les gouverneurs à prendre les mesures de précaution nécessaires dans les régions où la contamination est la plus importante. Jusque-là, rien de bien nouveau sous le soleil de la Covid. La seule nouveauté en revanche, c’est l’annonce d’un projet de loi d’urgence sanitaire, qui devrait passer en priorité au parlement.

Des mesures qui ne correspondent pas aux messages alarmants servis depuis plusieurs jours par les médecins et les membres du comité scientifique dans les médias.

D’ailleurs, sur les réseaux sociaux, les internautes sont très critiques vis-à-vis de ces demi-mesures. Pour eux, le gouvernement livre le Tunisien à lui-même. Ce serait à lui, et à lui seul, de se prendre en charge pour se prémunir contre la contamination. Pas question pour le gouvernement d’opter pour des mesures qui paralyseraient la vie économique.

« Nous savons que les mesures ne sont pas respectées, nous vivons dans le même pays, dénonce Nissaf Ben Alaya. La chicha fait son retour dans les cafés par exemple, alors qu’elle a été interdite ».

Mais pour ne pas pénaliser les cafés qui souffrent déjà du couvre-feu, la commission de lutte contre la Covid a décidé de maintenir les mêmes horaires, tout en imposant l’aménagement d’espaces en plein air, pour ne que les clients ne s’enferment pas à l’intérieur de ces cafés, avec tout ce que cela comporte comme risques.

Incapable d’assumer de vraies mesures d’accompagnement économiques et sociales, le gouvernement fait le choix de mesures a minima, tout en responsabilisant le citoyen. Un citoyen condamné à choisir entre s’exposer au risque pandémique ou perdre ses revenus.

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