«Tout en proposant au public le meilleur de ce que nous savons faire, la célébration de la Journée mondiale de la danse nous fournit un temps de réflexion, de débats et de propositions concrètes pour que la danse prenne la place qui lui revient sur la scène artistique nationale et puisse se déployer à travers toutes les régions du pays».

Célébrée le 29 avril de chaque année, la Journée internationale de la danse a été mise en place en 1982 par le comité international de la danse de l’Institut international du théâtre (ITI), une ONG associée à l’Unesco. La date du 29 avril a été choisie pour commémorer l’anniversaire du danseur français Jean-Georges Noverre (1727-1810), créateur du ballet moderne. Chaque année, un message international est rédigé par une personnalité de la danse mondialement reconnue. Le but de cette journée et du message étant de rassembler le monde de la danse, lui rendre hommage, célébrer son universalité et, au-delà des barrières politiques, culturelles et ethniques, réunir l’humanité autour de son langage universel.

Partout dans le monde, ces célébrations prennent l’allure de manifestations culturelles sur et autour de la danse. Chez nous, ce fut les Digital Dance Days, une production de Théâtre de l’Opéra de Tunis mise en œuvre par le Centre chorégraphique tunisien du Pôle Ballet et Arts chorégraphiques du 27 au 30 avril. Ces mêmes équipes ont rédigé un manifeste à l’occasion pour plaider la cause de la danse et des danseurs en Tunisie et ailleurs.

Plus que jamais, le temps est aux bilans et à l’évaluation de l’état de cet art sous nos cieux, un art qui manque d’une vraie implication des politiques publiques. Ses acteurs et protagonistes sont appelés à réfléchir en commun aux moyens de le promouvoir, d’améliorer les conditions professionnelles de sa pratique et de cibler de nouveaux publics.

La crise sanitaire liée au Covid-19 a fortement affecté le monde du spectacle vivant, dont la danse. Le manifeste intervient dans ces circonstances difficiles pour les professionnels de la danse et s’adresse à toutes les parties prenantes afin que des décisions fortes soient prises en faveur d’un secteur menacé dans son existence : «Tout en proposant au public le meilleur de ce que nous savons faire, la célébration de la Journée mondiale de la danse nous fournit un temps de réflexion, de débats et de propositions concrètes pour que la danse prenne la place qui lui revient sur la scène artistique nationale et puisse se déployer à travers toutes les régions du pays»

Dans le cadre de ces Digital Dance Days, deux spectacles ont été présentés, en live streaming le 29 avril, pour célébrer cette journée :  un solo intitulé «MB 10» chorégraphié et interprété par Oumaima Manai et «Chera3 yorgoss» de Yasser Madi.

Le premier est un plaidoyer féministe dans lequel la chorégraphe parle du puissant et absolu féminin loin de toute catégorisation sociale, culturelle ou religieuse. Un corps poétique, dont la gestuelle est à la fois ancrée dans sa culture natale et ouverte à l’universel. Pas très transcendant, il faut le dire, voire agaçant avec cette tendance récurrente, racoleuse et offshore que celle de brandir des slogans, de parler du féminin sous le prisme d’une lutte féministe instrumentalisée et banalisée à souhait de nos temps. «Chera3 yorgos» (La rue danse) est une collection de spectacles de danse, patchwork qui mêle de la musique traditionnelle tunisienne «mezwed» issue d’enregistrements anciens retrouvés, et des mouvements de la danse urbaine issue de la culture hip-hop occidentale et de la danse en Afrique du Nord… Il s’agit d’une intersection culturelle entre l’Est et l’Ouest. Yasser Madi y met à l’honneur le patrimoine tunisien en le confrontant à des tendances contemporaines. Le chorégraphe y partage la scène avec les danseurs Marwen Ben Khalifa, Aymen Ben Abed, Oussema Chouchen, Hatem Dabbak,Bader Jendoubi et Abdelaziz Touati.

Vive la danse !

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