Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, a annoncé que le pluralisme syndical sera consacré, dans  les semaines à venir, sur la base de «critères objectifs conformes aux conventions internationales et à la législation nationale».

Le ministre ne définit pas ce qu’il appelle «critères objectifs» prouvant la représentativité réelle de telle ou telle structure syndicale au sein d’une entreprise.

Et même s’il se contente de préciser que la consécration du pluralisme syndical obéira à la législation nationale,  sans donner de détails, il est permis de considérer que le ministre a franchi un pas que plusieurs parmi ses prédécesseurs ont refusé d’accomplir de peur d’être accusés de clientélisme ou de népotisme.

L’on se rappelle, en effet, que dans la mouvance des événements du 14 janvier 2011, a proliféré, à un rythme effréné, au côté de la constitution de partis  politiques, un  mouvement sans précédent de création d’organisations syndicales au point que les pouvoirs publics ne savaient plus avec qui négocier et se trouvaient dans l’obligation d’accepter l’existence de deux ou trois syndicats de base au sein d’une même entreprise avec aussi la possibilité, voire l’exigence, dans  plusieurs cas, de  faire une promesse et  son contraire aux représentants des  syndicats avec qui ils traitent.

Les observateurs et  les  analystes n’ont pas manqué d’attirer l’attention  à l’époque sur les répercussions négatives  de cette pluralité syndicale mal organisée sur les travailleurs.

Les résultats ne se sont pas  fait attendre et plusieurs secteurs d’activité comme l’enseignement supérieur, le transport, voire l’information, payent aujourd’hui les frais de l’existence de plusieurs syndicats prétendant chacun détenir la représentativité exclusive du secteur et la légitimité de parler en son nom, sans pour autant  parvenir à des solutions qui suscitent la satisfaction des syndiqués et  aussi l’approbation des autorités gouvernementales ou même les partenaires concernés relevant de l’organisation patronale.

Aujourd’hui, on s’achemine vers l’organisation de la  pluralité syndicale sur des critères que tout le  monde devrait accepter parce que justes et équitables. Sauf que pour que l’initiative aboutisse  aux objectifs qui lui sont assignés, il faudrait bien qu’elle soit menée sur la base de la même approche participative utilisée jusqu’ici dans la résolution des grands dossiers nationaux.            

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