Par Rafik EL HERGUEM

Alors que l’EST a glané, comme attendu depuis la phase aller au moins, son 31e titre de champion, l’Etoile a assuré son éternel rang de dauphin. Toute la différence est là : à l’EST, on s’est habitué  à «réserver» tôt le sacre, et aux autres, y compris les concurrents classiques, on n’a que la seconde place au classement comme objectif sacré.

Cette saison, l’EST a perdu à l’aller à Sfax, et tout le monde a pensé que le championnat est relancé et que le CSS va déranger cette EST  toujours aussi assoiffée. Au contraire, il fallait comprendre après cette liesse exagérée du président du CSS porté par ses joueurs (comme s’il avait gagné le titre !) que, dans la tête des Sfaxiens, battre l’EST était l’accomplissement. Après cette victoire, le CSS a concédé deux nuls et l’EST a gagné deux fois. Toute la différence est là : on est arrivé à une époque sur notre championnat où l’EST vole seule, où le CA, le CSS et l’ESS, ses adversaires classiques, sont tombés si bas dans leur misère et dans leurs histoires de complots et de bras de fer internes. L’EST est restée cette machine à gagner, alors que les autres sont devenus de simples outsiders démunis de force et mal gérés. Plus que la force de l’EST, ce sont la fragilité et la peur de ses concurrents qui expliquent en partie la suprématie «sang et or» sur le championnat.

A l’EST, il y a Hamdi Meddeb, discret et qui ne se manifeste pas sur les médias depuis plus de 14 ans, mais qui travaille sans tapage. Il est le bailleur de fonds et le premier sponsor de son club, il se fait entourer de quelques dirigeants qui doivent suivre sa politique sportive, sans oublier les dizaines de compétences en gestion qui apportent leurs connaissances en silence. Contrairement aux autres clubs, les problèmes de l’EST ne sont pas médiatisés, les dirigeants ne se livrent pas à des conflits à couteaux tirés sur les médias. L’EST est un club aussi fort dans les rouages et les coulisses du football tunisien que dans le terrain grâce à un lobbying sportif et médiatique très efficace. Ce n’est pas une question de titre gagné, c’est une question de continuité et de direction qui préserve ses joueurs et qui «sacralise» les couleurs du club. On ne joue que pour gagner sans jamais être rassasié. Le même joueur qui enfile le maillot de l’EST doit embrasser cette culture de la gagne. Son attitude doit changer, car il sait qu’il y a un président et un public qui n’ont peur d’aucune star. Après avoir dominé la scène locale, l’EST est passée à l’Afrique. Depuis 2018, elle est un acteur principal et rivalise sur et hors du terrain avec les cadors tels que Al Ahly ou Ezzamalek. Pendant ce temps-là, les autres clubs vivent des problèmes financiers, des crises aiguës et opèrent dans des environnements internes chaotiques.

Ils ne pensent qu’à l’EST, ils n’ont dans la tête que la battre sur un seul match, mais n’ont pas le souffle pour gagner le titre. En jouant le rôle de «victimes du système», ils cachent leurs tares, leurs peurs et la régression de leurs labels. L’EST et les autres est une réalité de notre football, les chiffres en disent long sur ce fossé!

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