Tous les efforts de réforme, qui ont été entrepris, ont échoué.


A un moment crucial où l’attention des Tunisiens est retenue par la crise multiforme (économique, sociale, politique, morale…), certains lorgnent du côté de notre système d’enseignement et d’éducation. Non pour le développer et le valoriser, mais, surtout et avant tout, pour tenter de le récupérer à des fins inavouées. Le choix du moment n’est pas innocent. Il en dit long sur les promoteurs de ces idées que des personnes bénéficiant d’un certain pouvoir sont en train de chercher à  imposer.

On sait, tous, que depuis plusieurs années, des tentatives vaines de réformer l’enseignement aussi bien avant l’Université qu’après ont été entrepris. Mais tous les efforts ont été voués à l’échec, du fait de certaines forces qui s’infiltrent dans les syndicats ou qui prennent place dans les instances du pouvoir politique. Actuellement, aucune vision n’existe pour relancer une action crédible et sincère. Le statu quo semble arranger l’affaire de bien des gens qui ne cherchent, nullement, l’intérêt du pays et de ses enfants. Ils se complaisent dans ce climat de morosité et d’inefficacité. La baisse de la qualité de notre enseignement fait basculer notre pays vers plus d’obscurantisme et d’ignorance.

Instance ou conseil, pour quoi faire ?

Mais ne voilà-t-il pas qu’on entend, ces derniers jours, parler du prochain projet de lancement d’un(e) soi-disant haut conseil (conseil supérieur pour d’autres) ou haute instance (ou, encore, instance supérieure) ou tout ce que l’on voudra.  Par ce moyen, on croit résoudre la question primordiale du système éducatif. On a oublié que la Tunisie est inondée, depuis une décennie, par de pareilles instances ou conseils qui n’ont rien rapporté de bon pour le pays. Pire, certaines ont causé beaucoup plus de problèmes qu’elles n’en ont résolus.

D’abord, il faudrait bien se garder de prendre pour argent comptant ces solutions de facilité. Car, on ne sait pas, exactement, ce qui se cache derrière ces appellations pompeuses. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que les intentions apparentes laissent de grosses suspicions sur les objectifs de telles propositions. D’où viennent-elles ? Qui tient à les concrétiser ? Que poursuit-on derrière de tels objectifs ? Pourquoi avoir, justement, choisi le moment le plus critique par lequel passe le pays pour sortir cette initiative ? Qui formeraient ces structures et quels seraient leurs rôles ?

En guise de réponse, on pourrait affirmer que rien, pour l’heure, ne milite dans le sens de l’instauration d’un tel dispositif (consultatif, constitutif, informatif, novateur…). Pratiquement, rien ne se prête à la tenue ou au lancement de n’importe quelle initiative visant à réformer le système éducatif et d’enseignement. Si les intentions étaient bonnes au départ, on aurait accompli des exploits depuis 2011.

Des projets de réformes ont été réalisés par d’excellentes compétences tunisiennes, mais n’ont jamais pu être mises en place. A chaque fois, ce sont des obstacles posés, notamment par les syndicats (tant ceux de l’enseignement de base et du secondaire que ceux du supérieur). Bien sûr, on soupçonne qu’il y a, derrière, de nombreux calculs. Chacun de nous peut deviner les dessous de toutes ces manipulations.

En effet, la multiplication des parties intervenantes dans l’opération de réforme et leur hétérogénéité peuvent expliquer l’échec du processus. Le nouveau projet qui vise à créer une instance ou un conseil serait plus dangereux parce que, tout simplement, il cache plus qu’il ne dévoile les vrais desseins. Déjà, on peut affirmer sans se tromper que la constitution de ces conseils ne sera pas sans susciter des réserves. Comme l’idée est, plutôt, de gauche (au sens politique du terme), voire d’extrême gauche, elle ne conviendrait, en aucun cas, à notre pays. D’un autre côté, cette initiative venant de ceux qui se croient au temps d’Omar Ibn El Khattab et à ses «vertus» ne pourrait pas se greffer sur un système appelé à se développer au rythme des inventions et des innovations du XXIe siècle. Donc, on n’est ni dans l’ère révolue de Karl Marx ou de Lénine, ni dans le siècle des califes orthodoxes.

Réactiver les projets

dans les tiroirs

Notre pays (la Tunisie, pour ceux qui l’auraient oublié) n’a pas attendu les arabes, les Ottomans, les maures, etc. pour façonner une civilisation millénaire. Cette civilisation est bien antérieure à tous ces envahisseurs. Nous avons notre culture spécifique et nos traditions qui remontent aux vrais habitants de ce pays de culture amazigh et berbère.

Aussi, faudrait-il que chaque pas à faire pour aider ce pays à aller de l’avant prenne en considération ces spécificités. Malheureusement, ce qui se profile à travers cette initiative n’annonce rien de bon. Pourquoi effacer tout et repartir à zéro, alors que la base d’une véritable relance de l’éducation et de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique attendent dans les étagères des ministères, des syndicats (fédérations de l’enseignement), de l’Institut arabe des droits de l’Homme ? Ces projets sont bien là, à portée de main. Il ne manque que leur réactivation. Choisir une autre voie, à ce moment précis, ne peut que nous pousser à nous interroger sur les vrais desseins des promoteurs. C’est pourquoi, il y a lieu pour toutes les bonnes volontés et tous les citoyens sincères de rester vigilant  pour contrecarrer toute tentative cherchant à toucher aux fondements de notre système éducatif et d’enseignement. La menace est réelle: on cherche à prendre le contrôle du seul potentiel valable, à savoir l’intelligence et le savoir. But inavoué: ouvrir la voie à l’obscurantisme et au dirigisme.

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2 Commentaires

  1. ESSOUAIED Aziz

    08/05/2021 à 09:10

    Notre système éducatif est gouverné pas une bureaucratie, une centralisation, uns standardisation et une intervention du syndicalisme. Je pense que la question de l’éducation était toujours une question locale, régionale, plutôt que centrale et centralisée. Le client du service éducatif se sont les parents, et non pas les apprentis, le problème c’est que les les parents ne donnent plus d’importance au service dont ils sont clients. De nos jours, on pousse les parents à ne plus visiter leurs enfants dans les écoles, collèges et lycées et universités, sou prétexte que l’Etat prend soin de tous (ce qui est, déjà, faux).

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  2. déracine

    08/05/2021 à 13:26

    C’est tous le secteur puplique qui est en cause , il faut toucher tout le système à la base comme le martèle le FMI . Car on aurai plus besion de syndicat si tout était organiser des le début pour les grades , l’ancienneté , les salaires , et les retraites ; il nous faut une vrai révolution pour un changement innovant comme pour la cause du changement climatique , mais on voit encore ni de bus électrique , ni de taxi électrique, ni de vente de voiture non polluante et j’en passe. La heureusement que la seule chose innovante c’est les TIC et on a encore du chemin à faire si on se compare aux autres.

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