Des « physalies », de fausses méduses, dont les tentacules pouvant atteindre plusieurs mètres de long ont la particularité de provoquer au contact de la peau des brûlures plus graves que celles des méduses, ont fait apparition sur des plages tunisiennes. Leurs piqûres bien qu’elles provoquent de grandes douleurs, ne sont pas forcément mortelles, a tenu à préciser la spécialiste des méduses à l’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer (INSTM), Afef Fathallah, dans une interview accordée à TAP. La spécialiste estime, par ailleurs que le nombre de ces fausses méduses détectées sur les plages tunisiennes est limité et ne doit pas entrainer des restrictions sur les baignades. Interview:

TAP : Pouvez-vous nous présenter « la physalie », cet organisme marin, récemment repéré sur les plages tunisiennes?
A. Fathallah: Nous avons repéré, sur un nombre limité de plages tunisiennes, ce qu’on appelle la « galère portugaise », connue sous le nom scientifique  » Physalia physalis « , et qu’on peut l’appeler « la physalie ». Il s’agit d’une espèce marine proche de la « méduse « , ou ce qu’on appelle localement « Horrika ».
Cette espèce se présente comme un flotteur de plusieurs couleurs: bleu, violet et parfois rose, avec ses colonies, dont la longueur peut atteindre jusqu’à 50 mètres.
Le maintien en surface de cet étrange flotteur irisé est réalisé par un sac gonflé d’air plus ou moins modifié, appelé pneumatophore. Il attrape sa proie grâce à l’utilisation de ses colonies comprenant des cellules urticantes, qui sont venimeux, ce qui lui permet de paralyser ses proies.

TAP : Quelles sont les régions dans lesquelles cette espèce a été repérée en Tunisie ?
A. Fathallah: Nous avons repéré la physalie, pour la première fois, dans la région d’Amilcar (Banlieue nord de Tunis), puis à la mer, à Radès, et Hammam Lif (Banlieue sud de Tunis), et par la suite sur les plages de Zwaraa , Sidi Mechregue et Remila. Selon nos données, la dernière apparition de cette espèce a été faite à la région de Maamoura, le 28 avril 2021.
Nous menons actuellement une opération de suivi quotidien au niveau d’une cellule vigilante au sein de l’INSTM, renforcée grâce à la coopération de plusieurs parties qui nous présentent des informations sur l’apparition de la physalie, notamment les filiales de l’Institut situées dans les régions côtières, les services de pêche relevant du ministère de l’Agriculture, et les citoyens.
Je tiens à préciser que la physalie n’est pas considérée comme l’une des espèces marines vivant sur les côtes tunisiennes. Au contraire, elle vit dans les océans ouverts, en particulier l’Atlantique. Mais, elle était poussée par les courants marins pour arriver sur les plages de la Méditerranée à travers le détroit de Gibraltar.
Il faut bien préciser que la Tunisie ne fait pas exception, étant donné que la physalie a été observée également sur les plages marocaines, ainsi que sur les côtes de Malte et de l’Espagne, mais ce sont, dans tous les cas, des apparitions rares et isolées.
Il n’existe pas d’études pratiques confirmant la capacité des physalies à vivre ou à se reproduire en Méditerranée, nous pensons qu’elles vont finir par mourir.

TAP : A quel point cette espèce marine est-elle dangereuse ?
A. Fathallah: Je tiens à souligner que le niveau de risque d’exposition à une piqûre de la physalie n’entraine pas une mort inévitable, mais ça provoque la plupart du temps des brûlures et de grandes douleurs.
Chez certaines personnes, une piqûre peut entraîner des signes de gravité, dont des gênes respiratoires, des vomissements…
En cas de piqûre, je recommande de retirer les tentacules, sans les écraser, en rinçant la peau à l’eau de mer, en appliquant de la mousse à raser si possible, ou à défaut du sable sec, pour alléger les douleurs.
Si la douleur persiste pendant une demi-heure ou plus avec l’apparition de nouveaux symptômes, il faut demander de l’aide médicale.
Et je tiens à préciser que la physalie demeure capable de piquer même après une longue période de sa mort pouvant atteindre plus d’un mois. Ainsi, nous conseillons d’éviter de la toucher, même une fois morte.

TAP : la présence de cet animal pourrait-elle entrainer la mise en place des restrictions sur la baignade cet été?
A. Fathallah: Le nombre de physalies qui ont été repérées en Tunisie est limité et ne présente aucun danger à l’heure actuelle. Donc ça ne peut pas être un motif pour imposer des restrictions sur la baignade. Jusqu’à présent, quatre types de physalies, sur un total de 15, ont été détectés dans les profondeurs de la mer méditerranéenne, loin des côtes tunisiennes.

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2 Commentaires

  1. mallet greg

    28/06/2021 à 15:57

    En ce moment sur les plages de Djerba, il y en a énormément

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  2. Nadia

    13/07/2021 à 21:28

    Beaucoup de méduses plage du lagon

    Répondre

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