Des dépassements ont été observés dans plusieurs secteurs.


Les services de la police municipale, secondés par les agents de la santé et ceux du contrôle économique, ont, à l’occasion, d’une campagne de contrôle dans les commerces de la ville de Béja, saisi plus de 200 kg de viande rouge avariée, impropre à la consommation, dans une grande surface de la ville. La marchandise a été détruite et un PV a été dressé pour le contrevenant.

Un cas entre mille, car ce genre de dépassements, on en voit fréquemment et personne n’ose intervenir. Des légumes bons pour la poubelle sont dans leurs cageots alors que le prix figure en bonne place. Certes, dans les grandes surfaces, on a le privilège de choisir ce qu’on veut acheter, mais le fait de laisser en exposition des produits impropres à la consommation est   une négligence coupable vis-à-vis du consommateur puisque les clients  parfois acculés, pressés, farfouillent dans ces cageots et se présentent à la pesée pour acheter et payer le prix fort. Le fait même de peser et de faire payer, tout en sachant que la qualité laisse à désirer, est à notre sens une tromperie. Passons. Le fait d’enregistrer la réaction (enfin !) du ministre des Affaires Sociales qui a fustigé le comportement de ces grandes surfaces, est peut -être un timide début de prise de conscience qui en dit long sur ce « dossier grandes surfaces » qui attend des hommes courageux et réellement sensibilisés pour mettre un terme à ces abus. Nos grandes surfaces, à titre de comparaison, ne jouent aucunement le rôle social qu’ont joué leurs consœurs en France en pleine pandémie.

Bouffées d’oxygène

A l’implantation de ces mastodontes, on avait pensé que les commerces de proximité allaient recevoir un coup mortel. Le charme rompu, bien des gens ont commencé à se rendre compte que le petit épicier, le vendeur de poulet, de poisson, de viandes du coin offraient la même qualité avec des prix beaucoup plus avantageux. Et de loin, si bien que le déplacement n’en vaut plus la peine avec ces longues attentes aux caisses qui finissent par agacer. Il est facile de se rendre compte que les  prix, à part  ceux de produits compensés qui sont, dit-on, sur le point de disparaître, les huiles, les  laitages, conserves, produits emballés et autres   produits de première  nécessité sont supérieurs à ceux des petites  superettes ou à ceux des épiciers. Les grandes surfaces ont l’avantage de permettre à la clientèle de grouper ses achats et de bénéficier de prix plus avantageux. Elles ont, à une certaine époque, joué le jeu, puis l’appât du gain a été le plus fort.

Tard et trop timidement

C’est ce qu’a relevé le ministre un peu tard et trop timidement dans son intervention.

Ces grandes surfaces avaient mission de réguler les prix. Elles ont complètement dévié de cette mission et ont, au contraire, enflammé le marché. Que ce soit à l’occasion de la rentrée scolaire, des fêtes ou de cette pandémie dévastatrice, le manque évident de scrupules  a été le comportement général observé par ces grandes surfaces. Ces catalogues, ces produits d’appel, cette publicité à grandes échelle font partie d’une politique qui n’a rien de social. Les gains qu’elles enregistrent, tout comme les banques d’ailleurs (c’est un tout autre dossier), prouvent qu’en l’absence de rigueur de la part des autorités,  elles continueront à racler les fonds de poche d’une clientèle mal protégée.

Les opérateurs d’internet

A l’occasion de cette pandémie, nous avons tous relevé la faiblesse des services dispensés par les opérateurs internet. Les pannes successives, la faiblesse des flux par rapport aux contrats conclus a été pour ainsi dire générale. «Je ne suis pas le seul à me plaindre. Dans l’immeuble où je loge, nous confie un client internet attendant son tour,  je connais parfaitement le cas de trois familles qui sont abonnées auprès de trois prestataires différents. Aucune d’elles n’est contente. Les coupures sont fréquentes. La faiblesse des débits qui sont  loin des engagements contractuels est monnaie courants. En fin de compte, nous payons des frais, mais avec ces services qui laissent à désirer, nous nous sentons  floués. Les numéros de réclamation, c’est de la blague. Des disques qui  répètent les mêmes consignes sans résultats. Les visites sur les  lieux des opérateurs sont à l’origine d’une  perte de temps terrible. Et nous nous retrouvons avec des promesses non tenues, plein les oreilles. Je sais qu’il y a parfois des  réactions rapides, mais avec du matériel qui  semble à bout de souffle, des installations qui vieillissent ou mal calibrées, ces techniciens sont souvent gênés et nous disent n’importe quoi ».

Une autre personne trouvée dans la file d’attente est catégorique : «Tant qu’ils se sentent hors de portée de toute sanction, ces opérateurs agiront à leur guise. Le monopole des lignes ADSL est un problème et tout le monde rejette la responsabilité sur le partenaire. C’est la foire et le consommateur n’a personne pour le défendre. Les autorités devraient les prémunir contre ces abus en interdisant les contrats bloqués à  une année pour permettre  à  ceux qui sont mécontents d’aller ailleurs. Il faudrait absolument que le ministère concerné agisse en l’absence de vis-à-vis puissant et ayant l’autorité de sévir ».

Steg et Sonede

Bien entendu, on a tout dit à propos de ces fournisseurs d’électricité et d’eau potable mais  rien n’a été fait pour « protéger » le consommateur. Il y a toujours des explications alambiquées que personne n’arrive à comprendre. « Ces notations au dos de la facture ne signifient rien pour nous. J’ai besoin de connaître ma consommation et ce que je dois  payer. Tout le reste est superflu. De toutes les façons rien n’explique ces taxes et impositions qui s’apparentent à des augmentations inexplicables et injustifiées. Où passent les milliards qui proviennent de la taxe  TV alors que les programmes laissent à désirer ? Et ces factures  approximatives qui nous tombent dessus mais qui mettent du temps pour être régularisées. Espérons qu’avec ces compteurs « intelligents » dont on parle il n’y aura plus ces avances qui pèsent lourd. Sans concurrents, ces deux fournisseurs  en font à leur tête. Le consommateur n’est pas protégé ».

Les huiles végétales

« Un trafic de l’huile végétale subventionnée est assimilable à un crime de guerre », c’est ce qu’a laissé entendre le député et président de la commission parlementaire de lutte contre les malversations, Badreddine Gamoudi, sur sa page facebook. Il a assuré qu’il y a une pénurie de cette huile sur le marché, alors, même, qu’un cargo plein de ce produit est à quai dans le port de Sfax, depuis une trop longue période, sans qu’il ait été déchargé. Sachant que ce problème coûte au trésor de l’Etat 30 mille dinars par jour de retard.

Le député s’est posé des questions sur un probable rôle des lobbies de la grande distribution dans cette rétention de l’huile dans le port pour leur permettre d’écouler leur huile emballée à prix fort ». Et il avait raison.

Y a-t-il eu des réactions ?

Personne n’a bougé. Les lobbies ont eu le dernier mot. Les huiles végétales, à la veille du mois de ramadan, ont toutes enregistré des bonds prodigieux. Le plus curieux, c’est que la même marque est vendue à des  prix différents aussi bien dans les petits commerces que dans les grandes surfaces.

En fin de compte, l’Etat ferait bien de subventionner notre bonne huile d’olive, dont la production augmente d’année en année,  et d’arrêter de payer en devises des compensations qui ne profitent nullement aux  consommateurs. Surtout que les prix de vente de ces huiles végétales se rapprochent allégrement de ceux de l’huile d’olive.

Ce dossier ne se limite pas aux  grandes surfaces, à la Steg, à la Sonede, aux huiles végétales, aux prix exorbitants des laitages, mais pourrait embrasser d’autres secteurs qui semblent hors de contrôle. Le seul moyen de prouver le contraire est bien de mettre un terme à ces agissements et à ces manipulations qui grèvent dangereusement le pouvoir d’achat des consommateurs. Le reste n’est que littérature.

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