En prévision  des législatives  et de la présidentielle de fin 2019, pullulent, ces dernières semaines, et plus précisément au sein de la famille autoproclamée «centriste, démocratique, progressiste et patriotique» les appels à la fusion et les initiatives à l’unification dans l’objectif d’affronter le prochain rendez-vous électoral en rangs serrés et sous la forme d’une force politique unie plaçant les intérêts du pays au-dessus de toutes les considérations partisanes et des ambitions personnelles et prétendant offrir aux Tunisiens l’unique projet sociétal à même de concrétiser leurs aspirations à l’édification d’une Tunisie démocratique, moderniste et prospère.

Et à suivre les discours développés ces dernières semaines par les responsables de ces partis, on a l’impression que les mouvements de division et de rupture opérés par ces mêmes formations relèvent désormais du passé et qu’à l’avenir régnera un objectif unique, à savoir  un discours unifié,  un comportement commun et des programmes élaborés sous le sceau de l’union et du consensus.

Sauf que les auteurs de ces initiatives font semblant d’ignorer, voire occultent intentionnellement une donnée fondamentale relative au choix ou à la désignation des leaders qui auront la charge des partis qui ont fusionné.

En d’autres termes, les citoyens qui suivent ces mouvements de fusion et d’unification interpartis restent souvent sur leur faim quant aux deals et aux arrangements convenus pour qu’un responsable de premier rang d’un parti quelconque accepte de céder son poste à un concurrent et de s’intégrer dans la structuration de la formation unifiée comme un leader de deuxième choix.

Et quand on pose la question aux partisans des fusions le plus souvent éphémères, comme le montrent les expériences ratées tout au long des huit dernières années, les réponses produites peinent généralement à convaincre des électeurs qui ne sont plus disposés à se laisser tromper par de fausses promesses ou par des alliances contre nature dont certaines ont éclaté le jour ou la semaine même de leur annonce.

Faut-il attendre que nos élites comprennent,  enfin, que les vieux stratagèmes ne sont plus productifs et saisissent les messages qui leur ont été lancés par les participants aux municipales partielles tenues dimanche dernier à Souk Jedid (Sidi Bouzid) en attendant ce que les rendez-vous futurs des municipalités de Sousse et du Bardo introduiront sur la scène politique nationale, à moins de quatre mois des échéances d’octobre prochain ?   

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