Célébrée chaque année le 23 mai, la Journée mondiale de la tortue est l’occasion de promouvoir la connaissance et le respect des tortues auprès de l’opinion publique et d’encourager les initiatives qui visent à protéger et conserver cette espèce menacée d’extinction.

Pendant des siècles, les tortues marines ont été les victimes d’une exploitation directe, marquée par la pêche industrielle, la détérioration et la perte de leurs habitats, la pollution… Aujourd’hui, sur les sept espèces de tortues marines qui existent dans tous les océans du monde, six sont menacées d’extinction. Par ailleurs, la chance de survie d’un bébé tortue est très faible, de l’ordre de 1 pour 1.000 après l’éclosion. Autant dire que ça fait froid dans le dos, mais mieux vaut tard que jamais; heureusement que les communautés nationale et internationale mettent les bouchées doubles pour les protéger. C’est dans ce cadre que l’Institut national des sciences et technologies de la mer (Instm), partenaire officiel du projet Common — financé par le programme ENI CBC MED et l’Union européenne —, a célébré le 23 mai la Journée mondiale de la tortue (World Turtle Day), et ce, en collaboration avec le musée océanographique de Salammbô, connu sous l’appellation “Dar El Hout”. Pour cette année, le thème choisi est «Evitons les sacs en plastique pour sauver nos tortues marines». A cette occasion, l’équipe de l’Instm/Common a organisé une journée de sensibilisation au profit des élèves de l’école primaire Plutarque de Carthage.

La protection, une urgence

Dr Sana Ben Smail, coordinatrice du projet Common, indique que c’est au début des années 2000 que la Journée mondiale de la tortue a été créée par l’ONG American ‘’Tortoise Rescue’’, étant donné que cette espèce a été classée en danger critique et en voie d’extinction. L’objectif derrière cette initiative est de donner l’importance qui lui revient à cette espèce, qui contribue massivement à la santé de nombreux environnements…

Cette conversion est un succès, mais la bataille s’annonce encore longue pour protéger cette espèce menacée, qui ne cesse de migrer pour enfouir ses œufs dans le sable. Toutefois, ce type d’actions et autres ont, bel et bien, permis de mettre en œuvre un plan d’action pour la conservation des tortues marines de Méditerranée. A cet égard, l’Instm, avec tous ses partenaires, œuvre toujours pour la conservation de la biodiversité marine et côtière, notamment la protection des espèces qui ont un grand intérêt pour l’écosystème ou les espèces menacées d’extinction, à l’instar des tortues marines.

Mais malheureusement, pendant les dernières années, en Méditerranée, les déchets marins comptent parmi les causes de mortalité des tortues marines, puisque ces dernières peuvent facilement confondre le plastique flottant dans l’eau avec les organismes dont elles se nourrissent. Une fois ingéré, le plastique peut donner une sensation de satiété, ce qui provoque une malnutrition pouvant causer la mort de l’animal. En outre, les tortues, à l’instar d’autres organismes marins, peuvent se retrouver piégées dans les déchets plastiques, ce qui peut entraîner une réduction de mobilité, des blessures ou encore la mort par suffocation. Pour ce faire, il est indispensable et urgent de renforcer les efforts pour protéger cette espèce, étant donné que, depuis des années, les tortues “caouanne” (ou aussi Caretta Caretta), une espèce en voie de disparition que ce soit à l’échelle régionale ou globale, sont désormais devenues les amies des îles Kuriat (à Monastir), considérées comme le seul site ‘’stable’’ pour la nidification de la tortue marine ‘’Caretta Caretta’’.

‘’Tahfouna’’, la star de cette année !

‘’Tahfouna’’ est une tortue caouanne qui a été sauvée par le jeune Marwen, un pêcheur local de la ville de Kram, suite à une interaction avec les filets déployés près des côtes. L’espèce a donc séjourné au musée océanographique de Salammbô sous la surveillance de Dr Mourad Attouchi, conservateur du musée, et de son équipe, afin de reprendre ses forces avant d’être relâchée en mer le dimanche 23 mai 2021 à Carthage, derrière le musée océanographique, Dar Hout.

D’après Dr Ben Smail, pour pouvoir sauver cette espèce et faire réussir ce défi de taille, il est fondamental d’éviter certains comportements qui pourraient nuire à leur survie et à notre santé. La tortue marine est une espèce accumulative. Elle consomme et accumule tout ce qui est métaux lourds (qui est responsable du cancer) et elle peut résister dans des milieux pollués. Et selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), Caretta Caretta est listée comme une espèce vulnérable ayant besoin de mesures de conservation intensives. L’occurrence régulière de déchets anthropiques dans les contenus stomacaux de la tortue caouanne fait de cette espèce un indicateur de macro-déchets en Méditerranée. Pour ce faire, il faut arrêter sa consommation et c’est dans ce cadre-là que l’Instm essaie de propager la mentalité de sauvegarde de la tortue marine et de l’élimination de sa consommation, tout en mettant en place des mesures qui aideront les tortues à prospérer dans leur environnement naturel ou adopté… Cet effort de sensibilisation doit avoir plus d’importance, surtout pendant la période de nidification.

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