34.699 accidents de travail ont été  déclarés en 2019, selon la Caisse nationale d’assurance maladie. Cela montre que les conditions de travail dans  nos entreprises laissent encore à désirer et il qu’il faut prendre les mesures nécessaires pour intégrer les moyens de protection.

Dr Mejda Satouri, coordinatrice de la direction médicale à l’Institut de santé et de sécurité au travail (Isst) a mis le doigt sur les secteurs les plus prolifiques d’accidents de travail en Tunisie. En effet, en se référant aux dernières données statistiques, publiées annuellement par la Caisse nationale d’assurance maladie, la caisse a dénombré en 2019 un total de 34.699 accidents de travail déclarés. Les accidents mortels en milieu du travail ont été au nombre de 91.

Les secteurs d’activités professionnelles ayant enregistré les taux de fréquence les plus élevés d’accidents de travail sont par ordre décroissant le secteur confection textile, le secteur BTP  (Bâtiment et travaux publics), le secteur agroalimentaire et le secteur des industries mécaniques, avec respectivement 10%, 9,6 %, 9,1 % et 9 %. Par ailleurs, les victimes d’accidents de travail sont âgées de 20 à 40 ans dans 58 % des cas.

Aides fournies aux entreprises

Le nombre total de journées de travail perdues suite aux accidents de travail a été de 913.732 jours. Ces données nous dévoilent la gravité des accidents de travail. Le retentissement de ce risque professionnel dépasse le niveau individuel représenté par la victime pour s’étendre à toute la collectivité.  Dr Satouri a mentionné également que, parmi les moyens mis en place pour réduire ces accidents, les aides fournies aux entreprises pour les inciter à introduire les moyens de protection. La prévention des risques professionnels et accidents ou maladies professionnelles est une responsabilité partagée entre l’employeur et l’employé, selon les dispositions de l’article 152 du Code du travail.

Le paragraphe 2 de cet article 152  stipule que tout employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires et appropriées pour la protection des travailleurs et la prévention des risques professionnels. Le paragraphe 3 stipule que tout travailleur est tenu de respecter les prescriptions relatives à la santé et à la sécurité au travail. Le Code du travail, dans son article 161, indique la composition du comité de santé et de sécurité au travail au sein de l’entreprise et son rôle dans l’examen des questions relatives à la santé et à la sécurité au travail.

Ce noyau de prévention en intra-entreprise, constitué par le chef d’entreprise, les représentants des travailleurs, le médecin du travail et le responsable de sécurité, est soutenu et renforcé par d’autres structures en extra-entreprise. Des structures gouvernementales relevant essentiellement du ministère des Affaires sociales et des structures non gouvernementales sont également impliquées dans ce travail important pour les entreprires.

Assistance et conseil aux entreprises

L’Institut de santé et de sécurité au travail est un établissement public créé en 1990, dont les attributions sont essentiellement l’assistance et le conseil des entreprises, la formation et la recherche en matière de santé et de sécurité au travail. La direction de l’Inspection médicale et la sécurité au travail a, quant à elle, pour missions, la contribution au développement de la législation et la réglementation dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, l’inspection des conditions d’hygiène et de sécurité au travail au sein des entreprises et le contrôle médical d’aptitude au travail pour les victimes d’accidents de travail et des maladies professionnelles.

La Caisse nationale d’assurance maladie assure la réparation des dommages résultant des risques professionnels et le financement des projets d’amélioration des conditions de santé et de sécurité au travail par l’octroi de crédits et de subventions au profit des entreprises.  Le développement du système législatif et réglementaire de la santé et de la sécurité au travail est une priorité nationale afin de s’adapter aux nouvelles contraintes en milieu professionnel.

Une évolution rapide et continue du monde du travail représentée par l’apparition de nouveaux métiers est constatée. La migration vers les procédés industriels non polluants, la diversification des moyens de communication et d’information grâce aux nouvelles technologies, le bouleversement créé par l’intelligence artificielle dans plusieurs domaines et la pandémie actuelle du covid-19 sont autant de défis que les entreprises sont appelées à relever. La pandémie continue à être une rude épreuve pour l’employeur, l’obligeant à instaurer de nouveaux modes de travail afin de permettre la continuité de l’activité de son entreprise. Tous ces facteurs incitent les pouvoirs publics à redynamiser et à renforcer les différentes structures gouvernementales et non gouvernementales dans le but d’améliorer l’efficacité de leurs actions de prévention en milieu professionnel.

« La ratification, en mai 2021, par notre pays, de la Convention internationale numéro 187 concernant le cadre promotionnel de la santé et la sécurité au travail constitue un pas important dans le parcours du développement du secteur de la santé et de la sécurité au travail dans les deux secteurs public et privé », a conclu  Dr Satouri.

 

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