Alors que le pays s’enfonce dans une crise politique, économique et sociale sans précédent, le PDL décide de recourir à la rue pour mettre fin au règne de Rached Ghannouchi.

Pour le Parti destourien libre, cette grande marche était nécessaire pour «libérer le Parlement des Frères musulmans». Telle une cheffe de guerre, vêtue d’un uniforme militaire, la présidente du Pdl, Abir Moussi, a conduit, samedi dernier, la foule devant le siège du Parlement au Bardo pour revendiquer notamment le départ de Rached Ghannouchi et la levée de ce qu’elle appelle la mainmise des Frères musulmans sur l’ARP.

Au fait, la journée du samedi était tendue au Bardo. Plusieurs centaines de personnes ont protesté devant l’ARP affichant des slogans hostiles au président du Parlement, Rached Ghannouchi, et à Ennahdha, mais aussi au gouvernement Mechichi. En effet, nombreux, sous un soleil de plomb, sont les partisans du PDL qui se sont rendus à l’avenue du 20 Mars au Bardo et ont scandé plusieurs slogans dont notamment l’appel à la dissolution de l’ARP suite aux «graves violations» et aux «déviations sans précédent dont le Parlement est témoin».

Pour le PDL, Rached Ghannouchi et «sa majorité parlementaire abusent du pouvoir au sein des structures du Parlement à travers la falsification des procès-verbaux des séances et la conclusion d’accords coloniaux avec des parties étrangères».

Cependant, les partisans du PDL ont été empêchés par les forces sécuritaires de gagner la place du Bardo devant le Parlement. D’ailleurs, des affrontements entre manifestants et agents sécuritaires ont été observés tout au long de la journée. En voulant contourner le dispositif sécuritaire et enjamber la fontaine de la place du Bardo, Abir Moussi est tombée par terre, une chute couverte par les cris des militant et qui a davantage envenimé la situation.

A l’issue de cette manifestation, les députés du PDL, qui ont dénoncé un traitement sécuritaire injuste, ont décidé d’entrer en sit-in à la Place du Bardo, avec une seule revendication : le départ de Rached Ghannouchi et la libération du Parlement. Le parti pointe également une subjectivité dans le traitement médiatique des affaires politiques, Abir Moussi accuse la majorité des médias de servir les intérêts du mouvement Ennahdha.

Tous les moyens sont bons !

Dans sa guerre annoncée contre l’islam politique, la présidente du PDL, actuellement première figure de l’opposition tunisienne, fait mobiliser tous les moyens, y compris la pression populaire. Jouissant d’une forte popularité et se présentant comme «sauveuse de la patrie», Abir Moussi ne cesse de faire pression sur Ennahdha, mais aussi sur tous les protagonistes politiques pour isoler ce qu’elle appelle les Frères musulmans. Après avoir tout essayé au Parlement, y compris porter un casque moto et un gilet pare-balles pour sensibiliser contre la violence sous le dôme de l’ARP, elle opte encore une fois pour la rue pour défendre sa cause. Sauf que dans une telle situation politique, économique, sanitaire et sociale, le pays ne pourrait supporter de nouvelles perturbations.

Le PDL occupe depuis plusieurs mois la première position dans les résultats des sondages d’opinion pour les élections législatives. Ses positions hostiles au mouvement Ennahdha et son discours nostalgique à l’ancien régime font de lui un parti fort présent sur la scène politique. Sa présidente, la très médiatisée Abir Moussi, en dépit de la décision du Snjt de la boycotter, prône un Etat de droit comme principal projet politique.

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