35 min, où la jeune femme nous dit avec son corps, les bouleversements du corps…un corps qui subit changements et remous, un corps à la solde de la psyché qui projette sur lui ses différents états. Un corps tiraillé, chosifié, un corps-machine dont les membres et autres parties se surprennent à agir en automates, se coupant petit à petit de l’unité affective et se fragmentant en bouts…

Dédiée à la mémoire de Zeyneb Farhat, la militante, la féministe, l’actrice culturelle, la syndicaliste, l’artiste et membre d’honneur du festival, la 3e édition du festival Carthage Dance, 100% tunisienne et digitale, se poursuit jusq’au 12 juin sur les réseaux sociaux et sur le site officiel de la manifestation.

«Lâche la danse» comme slogan de cette édition qui met au centre le corps-libre, le corps- expression, le corps-paroles avec des œuvres qui y font écho.

Coup de cœur de notre côté pour l’œuvre subtilement éloquente, «Fragments (En toute intimité)» de la jeune danseuse et comédienne Oumaima Bahri. Le grand public l’a découverte, cette année, à travers son rôle dans le feuilleton ramadanesque «El Harga» diffusé sur la chaîne nationale El Watanya 1.  Formée à El Teatro Studio, Oumaima Bahri intègre la compagnie Familia Productions où elle joue dans « Tsunami » et collabore en 2014 avec Kaïs Rostom dans le projet « Aswat». En 2019, elle est membre de Jissr et monte la même année le projet « Corps Mouvant ».

Dans son œuvre «Fragments (En toute intimité)», produite par le collectif Jissr, elle signe et la chorégraphie et l’interprétation sous les lumières et sur le son de Sabri Atrous et une scène scénographiée par Abdelhamid Falfoul.

35 min, où la jeune femme nous dit avec son corps, les bouleversements du corps…un corps qui subit changements et remous, un corps à la solde de la psyché qui projette sur lui ses différents états. Un corps tiraillé, chosifié, un corps-machine dont les membres et autres parties se surprennent à agir en automates, se coupant petit à petit de l’unité affective et se fragmentant en bouts…

Comme cette jambe qui exécute un pas de danse projetée sur un écran, synchrone avec celles de la danseuse qui bougent in situ, derrière son image projetée…Son corps passe par différents états-mouvements, apathique, agité, essoufflé, exténué, suffoquant, en lambeaux…

Les fragments de son corps surgissent de la pénombre et se révèlent sur les petits écrans de projection, ils ne sont que les projections d’eux-mêmes, l’ombre de leur ombre. Isolés, ternes, ils sont à la recherche de cette unité perdue. Petit à petit, dans un long processus, les morceaux finissent par se recoller, l’âme trouvera le chemin de la guérison et c’est la danse qui finira par apporter l’ultime réconfort. «Je ne sais pas danser !» crie la danseuse, «Tout le monde sait danser…ça coule de source», lui répond une voix qui la guidera par la suite et l’aidera à retrouver ce mouvement du corps inné en nous. Ses pas lents et hésitants deviendront progressivement plus effrénés, plus passionnés…Elle «lâche la danse», elle exalte !

Bravo!

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