«La Loi de finances 2019 a prévu une croissance de 3,1% et un déficit budgétaire de 3,9%. Ces prévisions dépendront encore du tourisme et de l’agriculture, mais «nécessiteront impérativement une reprise des secteurs manufacturiers, phosphatiers et énergétiques. Il faudra, en outre, faire face à une baisse attendue des exportations d’huile d’olive, exceptionnelles en 2018», explique M. Afif Chelbi, président du Conseil d’analyses économiques.
En effet, le Conseil a avancé dans son plan de relance des propositions pour faire face à plusieurs défis : reprise de la croissance dans les secteurs productifs dont l’industrie, l’énergie et les phosphates qui connaissent un fléchissement, la réduction du déficit de la balance commerciale, du risque de désindustrialisation du pays, limiter les difficultés des PME…
A l’évidence, le Conseil ne fait qu’alerter pour faire face à de multiples fragilités, qui «passent d’un trend conjoncturel à une dangereuse courbe structurelle. Il faut, tout d’abord, faire le bon diagnostic, écarter les fausses pistes et engager les vraies solutions, tout en maîtrisant les dépenses publiques».
Ces solutions se focaliseront sur le rétablissement de la confiance, l’autorité de l’Etat de droit et le fonctionnement des institutions, l’appui de la relance des secteurs productifs et l’engagement d’un véritable plan dinar pour le redressement de la monnaie nationale.

Finances publiques: pistes de réforme
D’après Mme Lamia Boujnah Zribi, présidente du Conseil national de la statistique et membre du Conseil d’analyses économiques, la situation budgétaire est préoccupante, la dette publique est en explosion. De même, la couverture des dépenses par les recettes propres est en deçà des niveaux historiques. La structure des dépenses est dominée par la masse salariale. Les ressources d’emprunt sont en hausse continue. En effet, «la soutenabilité des finances publiques et la création d’un espace fiscal nécessiteront, outre l’amélioration de l’efficacité dans la gestion des finances, des ajustements importants au niveau de la structure des recettes fiscales, mais aussi également au niveau de la réallocation des dépenses», précise Mme Zribi.
L’auteur propose des options de réformes qui consistent en la mise en place d’un nouveau Programme de départ volontaire négocié pour atteindre en 2023 un ratio masse salariale /PIB de 10,5%, des actions efficaces pour faire face au phénomène de l’absentéisme qui prolifère dans l’administration tunisienne et qui constitue un frein à la réussite du Programme de départ volontaire.
Il s’agit de recruter 1.000 cadres supérieurs par an dans le cadre du projet de «la haute fonction publique», de 50 hauts cadres dans certains postes clés et de tripler les primes et indemnités liées aux emplois fonctionnels.
Toujours dans le cadre des réformes, l’expert indique que la réforme des subventions devrait inclure, pour le volet des hydrocarbures, une augmentation faible, régulière et différenciée socialement. Cette réforme doit englober des mesures d’accompagnement, une réforme fiscale, des réformes des programmes sociaux, une disponibilité d’équipements collectifs de bonne qualité…
Contours d’un «Plan dinar»
Selon l’économiste M. Moez Laâbidi, la baisse vertigineuse du dinar tient à la dégradation des fondamentaux économiques et des effets d’anticipations déstabilisatrices.
Ainsi, pour arrimer les anticipations des agents économiques et contrer les comportements spéculatifs, une série de mesures inscrites, dans le cadre du «plan dinar», s’avère urgente afin de limiter l’hémorragie. Ces mesures concernent en premier lieu la réglementation de change moyennant plus de flexibilisation des procédures de change en ce qui concerne notamment les comptes en devise et le rapatriement des devises, la promulgation du projet de loi sur l’amnistie de change et le développement des instruments de gestion des risques de change.
Le plan dinar porte, aussi, sur la révision de politique de change en engageant de nouvelles réflexions sur le régime de change, la gestion des réserves de change et la réorganisation des teneurs de marchés sur le marché de change.

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