Tant de choix de jeu et de joueurs sont à revoir pour l’équipe nationale si elle veut composter son billet pour le Mondial 2022 dans une première étape.

On ne sait plus quoi penser de cette sélection nationale qui passe par un moment d’incertitude et d’irrégularité étrange et peu habituel, surtout à moins de trois mois du début de la campagne éliminatoire au Mondial Qatar 2022. L’équipe nationale tunisienne a bouclé sa série de matchs amicaux mardi dernier avec une victoire dans le money time contre le Mali, mais offre un bilan final plutôt mitigé au sortir des trois parties. Au total, deux petites victoires contre une défaite devant un adversaire prestigieux et plus performant. Désormais, il faut hausser le niveau de jeu et viser plus haut. La défaite contre l’Algérie sur le score de deux à zéro a fait couler beaucoup d’encre et remis en cause le parcours sans faute jusqu’alors de la Tunisie avec treize matchs sans défaite. Une série qui s’arrête net. Le bon travail effectué par le coach Mondher Kebaïer, depuis presque deux ans, a volé en éclats après la défaite concédée devant le champion d’Afrique en titre. La bande à Kebaïer a obtenu un sursis avec une victoire acquise au bout de longs efforts en toute fin de partie face au Mali grâce à une superbe action collective. Anis Ben Slimane, qui a fait mouche d’un tir foudroyant du gauche, a délivré l’équipe nationale d’un mauvais scénario. Le Mali, bien que réduit à dix, a donné des sueurs froides aux nôtres. D’ailleurs, le flou total règne autour de la valeur du groupe choisi par Kebaïer et sa tactique de jeu qui n’est pas sans reproche. Hormis la victoire inaugurale contre une modeste équipe congolaise, la Tunisie a trouvé des difficultés lors des deux rencontres qui ont suivi.

Du bon et du moins bon

Les nouveaux joueurs convoqués ont montré de l’envie et de la hargne. Ils ont donné le plus escompté, notamment Hannibal Mejbri, ainsi qu’Anis Ben Slimane qui compte désormais deux buts en quatre rencontres avec la sélection, sans oublier Aissa Laidouni. Des joueurs cadres ont manqué à l’appel lors des deuxième et troisième matches pour cause de blessure ou départ précipité du stage de rassemblement, ce qui a fragilisé le rendement global de la sélection sans conteste. Youssef Msakni, Ferjani Sassi d’abord ; Wahbi Khazri et Dylan Bronn ensuite, ont laissé un grand vide. Malgré tout, l’équipe nationale a tiré son épingle du jeu sauf contre l’Algérie avec une première demi-heure complètement à côté du sujet au cours de laquelle la Tunisie a encaissé deux buts dont un coup franc imparable de l’ailier de Manchester City, Riyad Mahrez. La suite du match a vu la domination quasi-totale des Tunisiens qui ont manqué de peu de scorer, ne serait-ce qu’un but. Globalement, la Tunisie n’a pas pris beaucoup d’avertissements et de cartons, ce qui est un point positif à signaler parce que ce sont carrément ses adversaires qui ont récolté la bagatelle de trois cartons rouges ! L’état d’esprit serein et positif et le fair-play des Aigles de Carthage sont autant d’atouts. C’est réellement la défaite contre l’Algérie qui remet en cause certains acquis et satisfactions enregistrés jusque-là. En attendant, notre onze national pèche souvent devant les buts adverses par naïveté ou par excès de confiance. Contre l’Algérie certaines lacunes défensives et des carences dans le jeu ont été relevées. Aujourd’hui, si la place de Mondher Kebaier à la tête du onze national n’est plus aussi légitime, c’est parce qu’il y a une crainte que la Tunisie n’accède pas au Mondial qatari sous sa houlette, ce qui est impensable pour une nation qui a participé à cinq mondiaux de football en quarante ans, soit 5 fois sur les 11 dernières éditions. Rien que ça…

Les noms de Nabil Maâloul et Faouzi Benzarti refont surface pour prendre la relève, sans suite. On reproche à Kebaïer de ne pas être un entraîneur à succès par le passé avec les clubs qu’il a entraînés malgré son sérieux et son professionnalisme. À coup sûr, les deux premières rencontres contre la Guinée équatoriale et la Zambie vont valoir leur pesant d’or, notamment pour le coach national afin de conforter sa position à la tête des Aigles de Carthage. La pression va monter d’un cran sur Mondher Kebaïer la première semaine du mois de septembre prochain ! 

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