L’errance de l’Espérance et l’absence de son esprit guerrier habituel font encore plus mal que sa défaite. Il y a de quoi craindre le pire samedi prochain au Caire. Sauf si les «Sang et Or» se transcendaient pour de vrai.

Al Ahly était trop fort pour l’Espérance avant-hier à Radès dans le cadre du match aller des demi-finales de la Ligue des champions. D’ailleurs, on ne s’attendait que trop à une nouvelle désillusion de la part de la troupe de Mouïne Chaâbani, qui a beaucoup perdu de son lustre depuis un certain temps. Cela est devenu très visible, notamment depuis l’élimination en Coupe de Tunisie par l’Etoile, le 26 mai dernier. Chose qui a sensiblement gâché l’euphorie de l’octroi du titre de championnat et constitué l’annonce d’une fort probable crise de résultats. Et voilà, cette appréhension que les fans de l’équipe de Bab Souika voulaient chasser de leurs esprits n’était pas infondée. Depuis longtemps déjà, la grande et redoutable Espérance n’est plus que l’ombre d’elle-même.

La démonstration d’Al Ahly

Du coup, tout le monde s’attendait à la chute de ce «colosse aux pieds d’argile» dans la compétition la plus prestigieuse à laquelle la large famille espérantiste accorde toujours la plus haute importance. Le pire, c’est que cette chute survint devant le rival de toujours : Al Ahly d’Egypte, qui vient de battre l’Espérance pour la cinquième fois à Radès. Mais ce qui fait beaucoup plus mal que la défaite à la maison et devant son propre public, c’est la manière. En effet, au-delà de la victoire, Al Ahly a réédité ce qu’a fait l’Algérie devant la Tunisie dernièrement, lors du match amical (0-2), au même stade de Radès. Ces deux matches ont eu la même physionomie: une nette domination des visiteurs qui ressemble à peu près à une exhibition de force, tellement le décalage de niveau était frappant. En témoigne la quarantaine de passes réussie par Al Ahly juste avant le seul but de la rencontre marqué par Mohamed Chérif (67’). Une démonstration au vrai sens du terme !

Une Espérance sans attaque

C’est cela qui jette la consternation et qui ne laisse pas espérer un quelconque retournement de situation samedi prochain au Caire, au match retour, même s’il n’y a pas de logique en football.

Rien n’a marché à l’Espérance dont tous les joueurs étaient dans un jour «sans», à l’exception de Mohamed Ali Ben Romdhane qui était comme la seule hirondelle incapable de faire le printemps.

Mais le «prix citron» reste à décerner aux joueurs de l’attaque : Hamdou El-Houni, William Tougui, Khaled Abd-El-Basset et même Anice Badri qui a été incorporé en seconde période.

Ces hommes n’étaient d’aucun apport dans un système de jeu qui ne ressemblait à rien. Des compartiments de jeu éloignés. Manque de rythme. Incompréhensible absence de motivation et de combativité. Chose qui laisse redouter un scénario pire au Caire, tellement l’Espérance ne ressemblait même pas à un épouvantail avant-hier.

Dans l’attente d’un miracle !

Seul un miracle pourrait renverser la donne au Caire. Mais pour cela faudra-t-il que l’Espérance retrouve, d’un coup, ses sensations et tous les repères de ses beaux jours pour pouvoir défier Al-Ahly dans son antre et devant ses 18.000 spectateurs autorisés à investir une bonne partie du stade du Caire, samedi prochain. Mais, a priori, Al-Ahly a déjà mis un pas dans la finale de cette édition, qui se jouera au Maroc.

Photo Yassine MAHJOUB
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