« C’est devenu une activité lucrative qui profite aux bandits avec la complicité de l’Etat qui a laissé faire depuis la révolution », regrette le président de la Fédération nationale des communes, Adnen Bouassida, et insistant sur « la nécessité d’endiguer ce mal ».

Passer une belle journée à la plage a perdu son charme d’antan. Et pour cause, ses squatteurs qui pourrissent au quotidien la vie d’estivants en quête de rafraîchissements et de moments de repos et de pur bonheur au bord de la mer. Avec la colonisation des plages par les énergumènes et rescapés de la justice qui dictent leur loi dans des parkings anarchiques, pourrait-on encore parler de plage et baignade gratuite ? « Ce n’est plus le cas », regrette le président de la Fédération nationale des communes tunisienne (Fnct) et maire de la commune de Raoued, Adnen Bouassida. Ce dernier s’insurge contre la violation de ce droit élémentaire du citoyen et appelle les forces sécuritaires à agir de la manière la plus efficace pour mettre terme au squattage des plages par les brigands.

Sous le diktat des bandits

Avec la canicule qui commence à pointer le bout du nez au début de la saison estivale, les plages demeurent l’unique recours pour la majorité des Tunisiens. Mais qu’ils soient en couple ou en famille, les longs déplacements et les prix exorbitants des parkings et des parasols qui occupent aujourd’hui toutes les plages, avec la complicité de la plu- part des maires, finissent par transformer leurs rêves en cauchemars. Les nerfs à fleur de peau, il arrive qu’ils finissent dans les postes de police pour porter plainte contre des bandits qui se croient tout permis et qui imposent leur diktat. Le visage généralement balafré, l’air toujours menaçant, ils arborent un bâton en guise d’un rappel à l’ordre. Dans quelle époque vivons-nous? Où sont passés les maires censés organiser les plages? Pourquoi ce laxisme déconcertant? Et pourquoi l’Agence de protection et d’aménage- ment du littoral (Apal) qui s’occupe de la gestion du domaine public martine manque-t-elle de visibilité au moment où elle est appelée à protéger ce domaine contre les empiètements et les occupations illicites et donner son approbation à tout projet d’aménagement et d’équipement sur le littoral avant son exécution ? Autant de questions qui ne peuvent qu’accentuer l’inquiétude et acculent les honnêtes citoyens à bouder les plages. Le silence complice de certains maires n’a fait qu’accentuer le doute du citoyen quant à la capacité des présidents des communes à redresser la situation et imposer la loi. On parle même de complaisance et de favoritisme dans certaines communes à l’égard de repris de justice qui se muent, durant les vacances d’été, en «cas sociaux» qui nécessitent le soutien des autorités locales.

Passivité complice des autorités ?

« Rares sont les municipalités qui sont toujours dans l’anticipation et œuvrent à assurer les meilleures conditions de baignade aux estivants. Si l’Apal ne s’est pas manifestée dans certaines plages, elle a fait office d’autorité de régulation dans d’autres plages en imposant une partie réservée aux citoyens au bord de la mer, comme c’est le cas à Raoued », nous fait savoir le président de la Fnct, Adnen Bouassida. Toutefois, il est regrettable de constater la dégradation de la situation et l’absence de toute intervention énergique de la part de l’Apal dans certains cas, a-t-il ajouté. La même source va encore plus loin en accusant des bandes de criminels bien organisées qui, encouragées par la passivité complice des autorités de créer des bar- rages interdisant du coup l’accès gratuit à la plage Ghar El-Melh. Ceci dépasse l’autorité locale et nécessite impérativement l’intervention des forces sécuritaires habilitées à faire face à des dangereux bandits, a-t-il encore ajouté. Selon la législation en cours du secteur de la sécurité, le gouverneur assure, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, l’administration générale du gouvernorat et le maintien de l’ordre public, rappelle Adnen Bouassida qui évoque à ce titre un contexte général marqué par un relâchement inquiétant à tous les niveaux en matière d’application de la loi. Comment pourrait-on demander aux maires de lutter efficacement contre le phénomène de squattage des plages et des parkings anarchiques s’ils n’ont pas les moyens adéquats ?, se demande-t-il.

Le maire de la commune de Raoued a préconisé la mise en place de parkings municipaux avec des prix abordables et non exorbitants comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui. C’est devenu une activité lucrative qui profite aux bandits avec la complicité de l’Etat qui a laissé faire depuis la révolution et tout doit être fait pour endiguer ce mal, a-t- il conclu.

Justement, à la ville côtière Ghar El-Melh, connue par sa longue et très belle plage, il a fallu l’intervention de la Garde nationale à Bizerte pour mettre terme au calvaire des estivants.

Le problème du squattage des parkings y est récurrent et des récidivistes notoires imposent chaque année leur loi aux esti- vants dans cette région. Suite aux alertes et plaintes répétées des estivants et repris sur la Toile, des campagnes de contrôle régionales mixtes initiées par le gouverneur de Bizerte ont permis l’arrestation de deux personnes qui exploitaient des parkings anarchiques. Les deux individus appréhendés seront traduits devant la justice sur ordre du ministère public. Dans le même contexte, les services de contrôle relevant de la direction régionale du commerce ont rédigé plus d’une vingtaine de PV économiques contre les marchands ambulants dans la même région.

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