Le passage de Mondher Kebaïer à «Attessaâ TV» ne peut passer inaperçu. Le sélectionneur national, critiqué, voire lynché par tout le monde après le match perdu face à l’Algérie, a défendu son statut, son territoire et a surtout défendu avec férocité sa place en
tant que sélectionneur national. Une place que plusieurs lui ont contestée. Son passage devant des chroniqueurs, pas tous du même niveau, faut-il admettre, nous pousse à faire trois remarques. D’abord, Kebaïer n’a pas été différent de
ce qu’on sait de lui. Emotif, nerveux, hyper sérieux, jamais souriant devant les caméras, Kebaïer a choisi d’attaquer ses détracteurs par un «cliché», celui de dire que ce sont des gens qui n’aiment pas la sélection et, par conséquent, ils seront casés «non patriotes». Et là, c’est un jeu dangereux que Kebaïer, toujours sur la défensive et prêt à attaquer tous ceux qui le contrarient, joue. Deuxième point, le sélectonneur national affirme pour la énième fois que c’est lui qui fait régner l’ordre, c’est lui qui a le dessus sur les stars de la sélection. Notre ami Mondher Kebaïer a défendu farouche- ment les deux «intouchables» de la sélection, Msakni et Khazri, et a rappelé leur abnégation. C’était intelligent à l’égard de ces joueurs, mais Kebaïer n’aura pas bien convaincu en disant que ce duo n’est pas vif. Troisième et dernier point, Mondher Kebaïer a parlé statistiques, en indiquant qu’il a gagné 11 matches sur 16, et qu’il n’a perdu que face à l’Algérie. Et là, sans le sentir, il n’a pas avoué la supériorité des «Fennecs», mais a dit que sa sélection a été «humiliée» pendant les premières 30 minutes. Ce mot est inacceptable. Si on veut gagner un titre continental ou passer au second tour d’un Mondial, il faut oublier ces termes accablants et même «non glorieux» et frustrants. On doit jouer pour gagner, et même quand l’adversaire nous est supérieur, ce n’est pas la peine de placer des expressions aussi fortes. On rappelle à Mondher Kebaïer, qui a tout le respect, qu’il faut être plus ouvert, plus diplomatique et que ce n’est pas bien de verser dans les explications «conspiratrices». Pour terminer, Kebaïer était dans tous ses états : il a encore ses réflexes, ses petits «trucs», son obstination, ses provocations, mais aussi ses insinuations quand il parle de ceux qui veulent lui succéder en sélection. Le message a été clair.

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