Connaissez-vous  la plus grande évasion qui a eu  lieu en ce siècle ? C’est celle de l’ancien P.d.g. de Nissan, Carlos Ghosn, condamné et arrêté au Japon. Il a  disparu  comme par magie de l’empire du Milieu en 2019. «Le dernier vol» un film documentaire vient de  voir le jour et fait sa première au «Sheffield documentary film festival». Carlos Ghosn lui-même, de sa cachette ,porte son témoignage à cette immense intrigue politico-financière.

Un scénario digne d’un grand thriller ! A ce jour personne ne savait comment l’ancien P.d.g. de Nissan a traversé l’une des frontières les plus étroites au monde. Assigné à résidence à Tokyo, l’homme d’affaires, d’après ce documentaire, aurait fui dans une boîte… Une boîte à outils juste assez large pour le contenir dans la position fœtale.

Pour mettre les lecteurs dans le bain, rappelons que Carlos Ghosn , d’origine libanaise, est connu pour avoir sauvé Nissan de la faillite. Mais il a été arrêté à Tokyo pour des allégations de falsification de comptabilité et de mauvaise gestion financière.

L’homme d’affaires de 65 ans a passé 13 mois, soit en prison, soit dans sa maison japonaise sous surveillance 24 heures sur 24 et sous des conditions strictes de mise en liberté sous caution. Mais, en décembre 2019, il a réussi une évasion complexe et spectaculaire.

Les studios de la MBC ont obtenu les droits de l’histoire de Ghosn en 2020. Le film est réalisé par Nick Green, et Carlos Ghosn y témoigne avec sa femme non à propos de l’évasion, mais plutôt à propos des machinations dont il a fait l’objet pour en arriver à cette situation.

En termes de production et de tournage, le film peut être considéré comme un cas d’école parce qu’il a été tourné en pleine pandémie du covid avec des déplacements interdits. L’histoire se déroule sur cinq étapes à Paris, Tokyo, Beyrouth, Royame-Uni et Afrique du Sud. Le film répond à la question comment tourner un documentaire dans tous ces endroits du monde à un moment où  les avions étaient cloués au sol ?

«Je ne pouvais pas me rendre au Cap car, à l’époque, il y avait le variant sud-africain; alors, j’ai fini par devoir filmer ces plans via l’application Zoom», a révélé le réalisateur Nick Green à Arab news. Des images lui ont été envoyées via le moniteur du directeur de la photographie (DOP), et un autre directeur sur place a été informé via des écouteurs de ce qu’il fallait faire et dire au DOP. Malheureusement pour le réalisateur, il n’avait aucune image de l’évasion réelle de Ghosn. Il aura donc recours à ce qu’il appelle «une légère palette de visualisation avec des images».

Parmi les personnes interrogées dans le documentaire figuraient des responsables du ministère japonais de la Justice, un procureur japonais, l’avocat japonais de Ghosn, l’ancien ministre français des Finances et l’ancien patron de Ghosn. Une histoire très compliquée, mais le film ne se perd pas trop en chemin. Il n’essaie pas non plus d’orienter le spectateur vers une vérité quelconque, mais il lui laisse la liberté de construire son propre point de vue.

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