Parfois, il ne faut pas être forcément le meilleur pour remporter un titre. Il suffit de maîtriser l’art d’atténuer les ardeurs de son adversaire et la manière de lui adresser le coup de massue… le moment venu…

Les spécialistes et les observateurs les plus avertis vous le diront : le CA a, de loin, livré une meilleure prestation et un volume de jeu beaucoup plus intéressant lors de la finale de la Coupe de Tunisie qui l’a opposé dimanche au CSS. Or, en football, dominer n’est pas forcément gagner. Montassar Louhichi, le coach clubiste, et ses joueurs-cadres et expérimentés, Zouheïr Dhaouadi et Wissem Ben Yahia, l’ont appris à leurs dépens. Dhaouadi devra se mordre les doigts d’avoir raté deux grosses occasions de scorer à la fin de la deuxième période des prolongations, à la 109e puis 119e minutes de jeu. Après, c’était un peu «le jeu à la loterie». La séance des tirs au but est un coup de chance qui peut sourire au méritant comme à celui qui a le moins réussi sa prestation en cours de jeu. Dimanche, la chance a souri aux moins entreprenants, les Clubistes sfaxiens.

Le mérite de Gaâloul

Sur le papier, le CSS devait être le moins loti défensivement car il alignait le deuxième gardien, Mohamed Hédi Gaâloul. Le premier gardien de l’équipe, Aymen Dahmen, convalescent, a suivi la rencontre sur les gradins du Stade Mustapha-Douri de Midoun. Sur le terrain, Gaâloul a rempli comme il se doit son rôle de dernier rempart de la formation sfaxienne. C’est à lui que son entraîneur et ses camarades doivent cette sixième consécration en Coupe de Tunisie qui s’ajoute au palmarès du CSS.

Mohamed Hédi Gaâloul a sorti un grand match. Il a fait ce qu’il fallait faire en s’interposant à toutes les actions dangereuses entreprises par les attaquants clubistes. Il a effacé plus d’un but, notamment celui de Zouheïr Dhaouadi à la fin de la deuxième période des prolongations. Sans oublier son rôle, ô combien, tranchant à la séance des tirs au but.

Bref, on ne peut revenir sur le sacre du CSS en Coupe de Tunisie sans revenir sur le mérite de Mohamed Hédi Gaâloul si omniprésent.

L’art de gérer l’effort…

Venons à présent à un autre acteur principal de ce sacre et qui a aussi un grand mérite de sauver la saison chaotique du CSS. C’est de Hamadi Daou dont nous parlons. Il a accepté la mission délicate de prendre en main l’équipe en fin de saison et au moment où elle traverse une mauvaise passe. Il a promis d’essayer de remettre l’équipe sur pied et de sauver ce qui en reste des meubles. Mission accomplie dimanche dernier et avec intelligence. Conscient que ses joueurs devaient être amoindris physiquement en cette fin de saison, particulièrement harassante à cause du rythme fou et infernal qui a ponctué le championnat national, le coach sfaxien a misé sur l’expérience et le métier de ses joueurs. Hamadi Daou a prôné une prudence mesurée, voire excessive par moments quand les attaquants adverses se montraient particulièrement dangereux. Avec une défense bien en place, conduite par un gardien qui a rempli parfaitement son rôle et en dépit d’un milieu de terrain qui a échoué par moments dans son rôle de premier rideau défensif, le dispositif mis en place par le coach sfaxien a réussi à calmer les ardeurs des attaquants clubistes tunisois et à s’interposer à leurs actions les plus dangereuses.

Et avec une ligne d’attaque qui a peu carburé, il n’y avait pas mieux que la défense pour pallier les carences offensives. Cela s’appelle combler ses défaillances et optimiser au mieux ses atouts. Car à côté de Gaâloul, il y avait deux axiaux et deux arrières latéraux qui ont aussi bien rempli leur mission grâce à leur bon placement, mais aussi replacement sur le terrain. Une défense solide et bien en place !

Par ailleurs, quand on voit comment les Sfaxiens ont évolué, il était clair qu’ils misaient dès le départ sur la séance des tirs au but au vu de la modestie des arguments offensifs, Kingsley Eduwo et Firas Chawat affichant une petite forme. Il fallait atteindre la séance des tirs au but et attendre de donner le coup de massue. Chose faite.

Bref, en maniant l’art d’économiser son énergie et la manière d’utiliser au mieux ses atouts, Hamadi Daou a conduit son équipe à un sacre qui remet le CSS au-devant de la scène nationale . 

(Photos : Mokhtar HMIMA)
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