Le ministère des Affaires locales et de l’Environnement aura encore du pain sur la planche. De même, la cheville ouvrière de la consultation, Mustapha Ben Jaâfar, et ses lieutenants devront donner suite aux idées et recommandations proposées dans ce cadre.

La consultation nationale sur la décentralisation, lancée fin mai dernier, continue à écouter les avis et les contre-avis pour mieux faire avancer un processus si lent et aux contours encore flous. Poser les jalons d’un pouvoir local, censé conférer à la région son entière autonomie, n’est guère une sinécure. Car, sur les décombres d’un régionalisme longtemps ancré dans les mentalités, l’Etat centralisé semble encore galvanisé. La déconcentration pure et simple, loin s’en faut ! 

C’est que le ministère des Affaires locales et de l’Environnement aura encore du pain sur la planche.

De même, la cheville ouvrière de la consultation, M. Mustapha Ben Jaâfar, et ses lieutenants, devront donner suite aux idées et recommandations proposées dans ce cadre. Comment percevoir ce processus de décentralisation ? Quels défis à relever à court et long termes? Après les maires des communes et les institutions de l’Etat, c’est au tour de la société civile de répondre à ces questions. Lors d’une rencontre récente à Tunis, un nombre d’associations et d’organisations civiles s’étaient étalées sur ce qu’il faudrait être pour asseoir les assises d’un pouvoir local bien fondé. Elles ont évoqué tout un modus operandi communal. Mais y a-t-il, vraiment, une volonté politique pour instaurer cette décentralisation ? Telle était, à leurs yeux, la problématique centrale, autour de laquelle gravitent tous les problèmes liés à la gestion des affaires locales. «Il n’y a aucune intention à cet égard», lance Youssef Abid, représentant d’Al Bawsala.

Quand la volonté politique fait défaut

Cette volonté politique a toujours été le talon d’Achille qui pèse sur la continuité de l’Etat. Le bon rapport déconcentration-décentralisation constitue, sans nul doute, la cheville ouvrière du pouvoir local. Qu’en pense-t-on ? Certains prétendent que la fusion entre les petites et les moyennes communes est de nature à assurer la performance du travail. Cela dans le sens où l’union fait la force. Mais il n’est pas évident qu’une telle liaison puisse créer une synergie d’action. D’autres ont évoqué la question de formation des agents municipaux, à même d’améliorer le taux d’encadrement, actuellement de l’ordre de 11%.

Un taux si faible qu’il rend beaucoup plus complexe la situation. Wissem Zarrouk, président de l’association «Bizerte Cleaner», s’est interrogé sur la réaffectation des agents municipaux et le recrutement envisagé des ouvriers des chantiers. Hayet Hamida, de l’association «Femmes élues», a recommandé le règlement du problème foncier, afin de faciliter les investissements et déterminer les domaines des communes.

Transparence et communication

Par ailleurs, la lenteur du processus de décentralisation fut également contestée. A-t-on raison ? Plusieurs experts dans le domaine ont affirmé qu’un tel processus prendra assez de temps. Il ne se décrète pas en bloc, d’autant que sa mise en place demande au moins 27 ans.

Donc, il y aura encore du chemin à faire. Entre-temps, plus de transparence et de communication à ce niveau. Faute de quoi, l’action municipale n’avancera pas d’un iota.

Le débat de la société civile a débouché sur d’autres recommandations, déjà soulevées auparavant. Il s’agit, entre autres, de la révision du code des collectivités locales, l’amendement de la loi électorale, la résolution du conflit des compétences entre l’Etat central et les autorités du pouvoir local et bien d’autres conseils précieux visant le développement de la région. Prochain rendez-vous, le 2 juillet, avec les représentants des instances nationales qui vont, elles aussi, dire leur mot.

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