Cette édition prometteuse, dirigée par Meriem Guellouz, comptera un nombre considérable de spectacles internationaux et tunisiens : 225 participants donneront près de 37 spectacles étalés sur 6 jours. 22 spectacles étrangers et une quinzaine tunisiens sont attendus. Les organisateurs ont tenu à en faire un espace de dialogue : 4 workshops et 5 tables rondes et conférences s’organiseront autour de la danse comme art millénaire, historique et comme langage corporel et moyen de lutte.
Le festival, dans sa 2e édition se veut ouvert sur le monde, par ses centres d’intérêt universels : 7 performances et 3 ballets de danse sont en préparation et seront prêts d’ici une quinzaine de jours. Au delà des murs des espaces culturels, la danse meublera 5 spectacles.
Le théâtre viendra enrichir ces journées dansantes dans le cadre d’une représentation, sans oublier, la programmation d’un bal populaire et d’une résidence artistique.
Bab Bhar, comme espace public, le 4e art, le Rio, la Cité de la culture et le théâtre El Hamra ouvriront leurs portes au «Carthage Dance». Trois mots d’ordre seront scrupuleusement appliqués : formation, transmission et programmation lors des workshops, dont quelques-uns seront destinés aux danseurs professionnels, en plus d’un débat sur la question de la formation professionnelle en danse en Tunisie.
Au moins, 4 masterclass se feront avec la compagnie Akram Khan, Nina Negri, Chantal Laïal, la compagnie Difé Kako et avec Shifts-David Brandstätter. Une transmission qui se veut efficace à travers les rencontres, débats, panels, tables rondes, conférences, et retransmission d’activités sur des écrans. Sans oublier, les grandes leçons de danse.

Une programmation garnie 
Subversifs, transgressifs, avec un zeste d’élitisme, les spectacles programmés promettent, en effet, d’en mettre plein la vue : plus d’une vingtaine de représentations internationales sont attendus, citons en clap d’ouverture «Queen Blood» d’Ousmane Sy et d’All of house pradox-sal, «Not about everything» de Daniel Linehan, «Without Damage» de Mohamed Fouad, «55» de Radhouan Mriziga, «Compact» de Jann Gallois et Cie BurnOut, «A universe not made for us» de Yalda Younes et Khyam Allami, «Et si demain» du collectif Nafass et Nidal Abdo, «Cercle égal et demi-cercle au carré», de la Cie Difé Kako et Chantal Loïal, «Final Cut» de Myriam Saduis, «Déplacement» de Mithkal Alzghaier et «I’m gonna need another one» de Jean Rosenblit. Une reprise de «Khouyoul» de Joke Laureyns et Kwint Manshoven est également prévue. Les deux grosses pointures de la danse Aicha M’Barek / Hafiz Dhaou et leur Cie Chatha marqueront l’édition par leur présence scénique et leur spectacle «Ces gens-là».
Suivis de «Botero en Orient» de Taoufik Izeddiou, «Freiheit» de David Brandstattër – Shifts qui aura lieu en collaboration avec le Goethe Institut de Tunisie. «Entre ciel et terre» de Kossivi Sénagbé Afiadegnigban, «Les architectes» de Younes Artbane et Younes Aboulakoul, «Under the flesh» de Bassem Abou Diab, «Embraces» de Leish Troupe et Noura Murad, «Des mots de nous» de la Cie Irène Tassendébo et «Erakch» d’Ahmed Khemis.
Le rendez-vous le plus attendu de la saison est confirmé : «Le Lac des Cygnes» de Radhouane Meddeb et le Ballet de l’Opéra national du Rhin clôturera les festivités.
Une nouvelle vague de créations tunisiennes sera bel et bien visible : Imed Jemaa et son «JIL», son nouveau Ballet de danse tunisienne, «Les quatre saisons» du Ballet de l’Opéra de Tunis, dirigé par Emilio Calcagno, «Clash» de Hayyou’raqs de Massimo Gerardi, Syhem Belkhodja et ses «Raisons d’espérer», «Filantes» de Cyrine Douss, «Pas d’issue» d’Amel Laouini, «Point noir» de Kais Boulares, «Chawchra» de Selim Ben Safia, «Miroir Brisé» de Mourad Dridi, «Appel Power» d’Oumaima Manai, «Anémone Couronnée» de Thouraya Boughanmi, «Stay» de Wael Marghni, «Bori» de Karim Touwayma et «Sept âmes» de Bahri Ben Yahmed.
Au moins, deux résidences artistiques et une représentation publique seront présentés : celle du duo Essia Jaibi et Majd Mastoura qui présentera «Chidouni lé nichtah», en plus des spectacles de Wael Marghni et Selim Ben Safia déjà cités. Un hommage sera consacré à feu Ridha Amroussi, une figure historique de la danse. Et d’autres hommages auront lieu pour célébrer Sondes Belhassen, Malek Sebai et Imen Smaoui, trois figures de la danse contemporaine.
Le corps étant un langage, renforcer sa dignité devient primordial, en prônant une vision artistique, politique et éthique. Au gré des bouleversements vécus par la Tunisie et par les pays de la région Mena, le 0corps se veut une mémoire, faite de souvenirs et d’oublis collectifs : un récit historique.
Etoffer la culture chorégraphique du public, assurer ses modes de transmission, créer des échanges autour de l’importance de la danse comme une arme de lutte et revenir sur l’actualité dansante des pays du sud : tels sont les objectifs, entre autres, de cette manifestation qui plaide farouchement pour une reconnaissance institutionnelle.

 

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