Le manque d’activités en plein air, à l’extérieur, en société pour de nombreuses raisons imposées par une situation sanitaire critique, offre une drôle de saison estivale où les enfants sont plus à l’intérieur des maisons et bien moins en dehors…Mais la vie ne doit pas s’arrêter !

Comme on le sait désormais, les vacances scolaires des jeunes et des enfants sont totalement gâchées au plus fort de la contamination au coronavirus. Les vacances d’été commencent-elles à peine qu’elles risquent de se terminer sur un goût amer. Avec le confinement général tous les week-ends dans le Grand-Tunis et une interdiction de circuler jusqu’au 31 juillet 2021, la population la plus touchée avec les séniors est celle des enfants. Ils ne jouissent pas d’une pleine autonomie comme les adultes et sont contraints de se plier aux conditions pénibles de la vie à la maison en permanence. On se demande diable comment font les parents pour les ménager et les occuper de façon utile par les temps qui courent ? Un recueil de témoignages édifiant permet de saisir les contrastes entre les parents qui ne manquent pas d’idées pour contourner les aléas du confinement malgré la mauvaise conjoncture. Ce n’est pas une question de moyens matériels, mais plutôt d’organisation et de volonté.

Si certains parents trouvent une parade intelligente pour faire le bonheur de leurs petits avec les moyens du bord et ne pas les priver de tout, d’autres sont à bout et ne savent plus comment s’y prendre notamment pour ceux ayant des enfants en bas âge. Il faut trouver des astuces même si généralement les enfants doivent apprendre à composer avec l’ennui et s’occuper tout seuls avec pas grand-chose à portée de main.

Une baignade à la maison 

Une piscine à la maison pour barboter entre petits, c’est rapide, facile et possible à condition de ne pas gaspiller l’eau. Les catalogues des grandes surfaces continuent de proposer une large variété de piscines gonflables à prix plus ou moins attractifs. Il s’agit d’encourager les familles qui n’ont pas de piscine chez elles ou qui ne peuvent se rendre dans les hôtels, notamment avec les exigences du protocole sanitaire drastique mis en place pour lutter contre la propagation du virus Sars-Cov-2.

Pour 300 dinars en moyenne, on peut avoir ce qu’il faut à condition de ne pas être trop demandant en produits accessoires. Sur place, dans un hypercentre, Eya, 35 ans mère de deux enfants, en achète une de moyenne dimension, ravie et fait cette remarque : «Il fait chaud et je n’ai pas la possibilité de les emmener se baigner, alors c’est l’unique solution qui me reste en espérant m’en servir tout l’été pour faire profiter mes petits qui s’ennuient à longueur de journée». Elle risque tout de même de déchanter à la longue lorsqu’elle verra la facture de la Sonede mais l’essentiel est de répondre aux caprices des petits, étouffés par la chaleur de leur habitation, au point de suffoquer. Comme il n’est pas possible d’accéder à la plage sauf à pied ce qui reste très compliqué, une telle parade tombe à pic. Mais cela n’est pas valable pour de nombreuses familles tunisiennes qui manquent d’espace et de ressources financières pour s’épanouir. Les manèges sont fermés pour la plupart ce qui fait pencher plus pour des jeux à la maison. On pense aux jeux de société, aux jeux vidéo ou encore les cartes en famille parce que les élèves du cours primaire notamment ne s’investissent pas vraiment dans les cours de soutien scolaires en été. Tout ce qui compte c’est de jouer à longueur de journée, grignoter et veiller devant les écrans. La rentrée scolaire en septembre, ça attendra ! Forcément, c’est tout ce qu’il reste avec la lecture de bouquins ou d’histoires. Beaucoup d’enfants font des pieds et des mains avec leurs parents pour passer d’agréables moments avec leurs cousins ou leurs meilleurs amis malgré les circonstances. L’essentiel est de se rassembler sans être nombreux à 2 ou 3 autour des jeux et boissons pour briser la barrière des écrans qui a ruiné le lien social, renforcé et alimenté par la crise sanitaire du coronavirus. Mais en fonction de l’âge et des moyens matériels, les occupations des enfants différent largement. Pour les parents qui ont des enfants hyperactifs ou en bas âge, la situation est très compliquée. Les enfants agités irritent leurs parents à bout de force et sans énergie qui doivent rivaliser d’imagination pour leur offrir de bons moments à la maison puisque tout est condamné à l’extérieur. On se souvient de toutes ces familles qui se sont déplacées dans les boutiques de jouets le jour de l’Aïd fitr dernièrement. Comme on ne peut visiter la famille, ni aller dans les parcs d’attraction, les achats dans les magasins de jouets sont le seul moyen de faire plaisir  aux enfants.

A l’ère des Ntic, les enfants sont devenus accrocs aux jeux sur les smartphones de leurs parents quand ils n’en ont pas encore un et des applications de réseaux sociaux pour les jeunes. Beaucoup d’enfants passent du temps sur ces gadgets au grand dam de leurs parents qui préfèrent les voir plutôt faire de la musique ou du sport. Mais avec la chaleur et le risque de contamination élevé au virus Sars-cov-2 et son variant indien Delta, le choix est vite fait. Tout se passe à la maison. Les baignades tout au long de la journée dans les piscines d’hôtels ou même des clubs de piscines avec les tobbogans, à la mer ce n’est plus possible pour tous les enfants d’où qu’ils viennent et c’est bien triste. Selon les aléas et les contraintes, certaines familles préconisent d’attendre le mois d’août pour profiter des bons moments d’été même si rien n’est sûr, d’autres n’hésitent pas à aller dans les hôtels à leurs risques et périls même si les pédiatres ont assuré que le risque de contamination dans l’eau sont nuls et qu’il s’agit toujours de garder la distance physique qui prime. C’est « l’été indien», s’amusent à dire les enfants qui découvrent à peine ce vieux tube de la variété française en le parodiant en référence au variant Delta. Ils gardent le sourire en attendant de meilleures vacances et un été tunisien avec son charme lié au tourisme local qui a connu un franc succès ces derniers temps, jusqu’à ce que la pandémie du coronavirus vienne briser cet élan depuis deux saisons.

Charger plus d'articles
Charger plus par Mohamed Salem Kechiche
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire