Ils ont tous la passion du sport-roi, du moins en apparence pour certains. Ils se sont peut-être imaginés devenir joueurs, couverts de gloire, de strass et de paillettes. Mais sûrement jamais aucun d’entre eux, durant sa jeunesse, n’a rêvé d’être un jour nommé président.


La plupart se sont formés tous seuls à ce métier, sauf peut-être quelques «happy few». Cependant, ils n’ont, pour la plupart, pas de traits communs, mais ce qu’ils ont en commun ce sont ces émotions dans les grands moments, cette passion, cet enthousiasme et cette fureur même qui dépasse tout ce qu’ils ont pu vivre, par ailleurs, jusque-là. A les croire, la vie prend beaucoup de piment quand on est président de club. C’est notamment pour cela que les présidents ont du mal à lâcher prise après plusieurs années à la barre… Aujourd’hui, le président le plus connu et dont le bail est le plus long, Hamdi Meddeb, a fait en sorte que l’EST reste toujours à un niveau sportivement intéressant. Certes, le stade n’est pas rempli, loin de là (covid, jauge et huis clos obligent). Mais c’est quand même pas mal de tenir tête aux grosses écuries continentales de cette façon. Volontaire et engagé, il s’est montré capable d’assurer la pérennité économique du doyen des clubs tunisiens, et ça se respecte. S’il y a bel et bien un modèle tunisien, c’est plutôt celui de l’Espérance Sportive de Tunis du président en exercice. Car, dans un pays où la culture du football est centrale dans la vie des gens, la problématique des tenants et aboutissants du sport-roi trouve tout son sens dans cette faculté à savoir garder son sang-froid dans un environnement des plus volatil.

Youssef Elmi, la passion intelligente

Passons maintenant au Club Africain, avec un jeune président nouvellement intronisé, qui a, rappelons-le, occupé d’importantes fonctions au CA depuis des années. Redécouvrir le CA, monter une équipe dirigeante et s’attaquer aux dossiers brûlants demandent énormément de travail. Voilà comment Youssef Elmi s’est retroussé les manches dès son «couronnement». Afin de gagner en temps et en efficacité, il a choisi la voie de la rigueur, multipliant en passant les prises d’infos, les comptes rendus, les prises de notes et tout ce qui touche le CA de près ou de loin. Certes, il arrive la plupart du temps que les premières observations soient longues et détaillées. Mais à raison, si elles permettent de  partir d’un point de vue large, elles ont surtout permis d’affiner la réaction de son axe de travail en fonction de tel ou untel, que ce soit d’un point de vue footballistique ou surtout humain. Echanges avec l’entourage, retranscription des informations recueillies, adaptation du comportement, approches diverses. Les domaines de travail envisagés et les décisions qui ont découlé sont forcément une base précieuse pour servir de repère tout au long de la saison à venir. Et après, on verra s’il y a eu des progrès…

Un fait est certain. Pour un hyper-président de club qui est motivé, le travail entrepris sera certes fastidieux mais tellement précieux pour évaluer ce qui doit l’être par la suite.

La crédibilité d’abord

Toujours en rapport avec le CA. Si l’on se plonge dans le passé, l’on note que lors du mandat de Kamel Idir, ce dernier s’est surtout montré éloquent et même excellent dans ses discours de début de saison. Il a affiché tout son sérieux et son enthousiasme d’être là où il est. Au final, tout cela est communicatif. Car, en aval, ce sont les joueurs qui ont senti que le plaisir de jouer au football était présent, sans oublier la Curva Nord et les inconditionnels qui ont répondu présent. En bon gestionnaire, Kamel Idir avait pris le temps d’expliquer sa méthode de travail, ses envies en termes d’engagement et les règles de fonctionnement à mettre en place. Le message a vite fait de passer en amont, et le CA a décollé par la suite. En clair, une gestion exemplaire peut quasiment garantir le succès sportif, même si c’est justement toute l’incertitude du football qui le rend si populaire.

Aujourd’hui, notre sport-roi a évolué au fur et à mesure des sociétés qu’il a côtoyées, du monde amateur à un milieu professionnel régi par les lois du marché.  S’il y a peut-être une chose qui est restée intacte, c’est la passion de tout supporter derrière son équipe. Une passion qui fait sa force et qui le rend indissociable du peuple.

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