Nos représentants aux JO se sont envolés pour Tokyo afin de disputer des jeux atypiques moins passionnants sûrement que d’habitude à cause du covid. La première fois où une population n’est pas contente d’organiser les JO et il y a de quoi. Que peut-on attendre de nos athlètes ? Pas grand-chose, à vrai dire. Ils n’auront que leur cœur et leur courage pour aller chercher un podium et une médaille. C’est la réalité à laquelle il faut se rendre à l’évidence.

Des noms comme Nihel Cheikhrouhou, Ines Boubakri, Marwa Ameri, Karem Ben Henia et les autres ont leur valeur, oui, mais franchement, il y a un décalage dans les moyens mis pour se préparer aux JO entre nous et les grandes nations du sport. On a mis 4 ans pour commencer une préparation olympique moyenne, dans la limite de ce qu’on a comme moyens. Cette préparation olympique tardive s’est faite sur fond de tension entre le Cnot et le ministère et avec des procédures administratives très lourdes sans oublier l’effet ravageur du covid sur les déplacements.

En tant que pays pauvre dont les sportifs évoluent en comptant sur leur talent et un peu de réussite depuis des années, il faut un miracle pour décrocher une médaille. Et les miracles à ce niveau de compétition sont très difficiles à atteindre. Nos athlètes se rendent à Tokyo avec beaucoup d’ambitions, avec du cœur à l’ouvrage, mais ils savent bien que leur présence déjà est une victoire, étant donné les restrictions sanitaires des organisateurs notamment pour la vaccination. On ne peut pas être exigeant envers nos sportifs, c’est inévitable. On traîne des lacunes fâcheuses au niveau de la préparation olympique et de la gestion de notre « pauvre » élite. Ce n’est pas la peine d’exiger des résultats avec ces miettes mises pour se préparer. L’élite, ou une grande partie de l’élite, est livrée à elle-même à l’exception de quelques athlètes chanceux. Les JO c’est la crème de athlètes, c’est une intense adversité et c’est 4 ans ( 5 ans dans notre cas) de préparation planifiée pour produire un champion olympique. Le cœur, le talent, la chance, oui on peut s’y fier mais sans trop insister. Pour une fois, nos athlètes ne devront pas avoir de pression sur les épaules dans les jeux. On ne leur a pas donné les moyens et l’attention qu’il faut pour pouvoir les responsabiliser. Ce serait trop leur demander  !

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