Ambiance générale morbide, morose, enfermement, restrictions de circulation, interdiction de travailler en présentiel, commerces, restaurants, cafés fermés…La Tunisie fait face à une crise sanitaire profonde, sans précédent, rasant la haute saison. Faire redémarrer rien qu’un peu la roue économique était la seule lueur d’espoir. Seulement, tout reste en arrêt comme depuis le début de la pandémie, si ce n’est pire.


Suite au décret récent du Président de la République, un couvre-feu a été décrété de 19h00 à 6h00 du matin sur tout le territoire tunisien. Dans les zones balnéaires ou dans des ailleurs où le covid-19 bat son plein, tout ferme : restaurants et cafés accrochent les chaises à 16h00. Les « beach bars » restent ouverts jusqu’à 18h00. Ambiance lourde, à l’image d’un été pas comme les autres, annonciateur de troubles politiques et de constat sanitaire désastreux.

Les magasins d’artisanat restent ouverts mais sans aucun client ou acheteur aux environs. Les plages sont bondées de locaux et de quelques visiteurs de passage, venant des gouvernorats des environs mais également de l’étranger. Ainsi à Hammamet, à Sousse et à Mahdia, des touristes de l’Europe de l’Est et des Russes affluent sur les hôtels à moyen et à haute gamme mais circulent très peu dans les villes. Ces clients viennent s’affaler sur des transats, profitant du soleil, de ce que leur offre leur séjour au sein même de l‘hôtel, et rentrent chez eux.

Dans les « beach bars », les riverains profitent de la journée en consommant boissons et nourriture jusqu’à la fin de l’après-midi. Les clients se rassurent : l’endroit est en plein air, il vente, il y a le soleil et le divertissement, une fois par semaine au moins, est une nécessité pour la plupart. Faire sortir les enfants urge, tout en disant qu’il faut prendre des précautions, même pendant la baignade. Pour l’application, par contre, c’est une autre paire de manches.

A Nabeul, considérée zone rouge, le centre-ville du gouvernorat a fermé : le couvre-feu général par région est déclaré officiellement. Les Nabeuliens vaquent à leurs occupations, font leurs courses élémentaires chez des commerces ouverts, pour la plupart, mais timidement, ou discrètement. A Hammamet, le confinement dirigé est appliqué : tout est ouvert jusqu’à 16h00. 18h00, la foule dans les rues commence petit à petit à se dissiper et à se nicher dans les quartiers résidentiels ou dans des maisons tout aussi pleines. Le port du masque n’est pas fréquent et la nonchalance reste de mise.

Toutes les manifestations culturelles ou festives ont été annulées ou reportées. Des initiatives, en grande partie, personnelles : leurs dirigeants ont préféré les suspendre plutôt que de courir le risque de mettre la santé de tout le monde en péril. Le pays subit de plein fouet les conséquences d’une mauvaise gestion de la crise et du dysfonctionnement de la campagne de vaccination qui avance à petits pas. Des demi-mesures sont annoncées et sont à demi-appliquées. Seront-elles efficaces ? C’est peu probable. L’inconscience du peuple est également à souligner : les citoyens subissent le chômage, la violence, la déliquescence et perdent patience.

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