Un patrimoine inépuisable toujours inédit, toujours renouvelé. Une mémoire chantée et rythmée par les sonorités ancestrales. Un hommage posthume à l’artiste Abderrazek Kliou.

Produit en 2021 par le théâtre de l’opéra, en partenariat avec le Centre des musiques arabes et méditerranéennes (CmamEnnejma Ezzahra) et présenté en avant-première le 26 juin dernier, ce spectacle revisite, explore et redécouvre savamment un répertoire riche et intense. Du mezoued qui comprend, outre le large corpus de chansons populaires abordant divers thèmes comme l’amour, la précarité, la prison, la mère, l’amitié, etc, un important répertoire sacré-profane de nûba-s est également abordé et évoqué.
Ces chansons, qui rendent hommage et font l’éloge du prophète Mohamed et de ses compagnons, comportent aussi une sorte de vénération des principaux saints du pays. Ainsi, chaque nûba est rattachée à un saint en particulier, et en porte le nom d’ailleurs. Il suffit de citer l’exemple de la nûba de Sidi Abdelkader qui lui est dédiée, ou la nûba de Mannûbiya, qui honore la sainte Saïda Mannûbiya. Le spectacle «Rboukh» de Hatem Lajmi s’initie dans ce cadre et propose une exploration de cet univers encore et toujours inépuisable.
Rappelons que ce spectacle est le résultat d’un long et précieux travail fait par l’artiste et chercheur Hatem Lajmi et qui a fait l’objet d’un livre intitulé « Le répertoire soufie du genre mizwid en Tunisie». Cet ouvrage, unique dans son genre, est une publication trilingue de 68 pages, dotée d’une carte micro-SD contenant des enregistrements précieux de l’artiste tunisien feu Abderrazek Kliou. Des nûbâ(s) de la musique soufie du mezoued (cornemuse tunisienne) ont été enregistrées par Abderrazek Kliou et sa troupe en 2015 au patio du palais Ennejma Ezzahra. Le travail de Hatem Lajmi peut être considéré comme un premier pas dans la sauvegarde du patrimoine du genre mezoued soufi en Tunisie et surtout un hommage à titre posthume pour cet artiste. Le spectacle Rboukh vient clôturer ce travail et une manière de le proposer au large public.

Charger plus d'articles
Charger plus par Asma DRISSI
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire