La réaction des pays occidentaux face aux mesures décidées par Kaïs Saïed le 25 juillet dernier n’a pas été à la hauteur des espérances des nahdhaouis, de leurs satellites et de leurs alliés déclarés ou pas, de gauche ou de droite. Certes, les fervents défenseurs des droits de l’homme et des libertés individuelles, dont la naïveté politique a coûté cher à la patrie durant ces dernières années, ont vite rallié la cause des islamistes de nouveau malgré le peu d’égard que le parti islamiste leur a réservé quand il était au faîte de sa gloire. Ils ont de ce fait été eux aussi brimés par l’attitude molle des pays occidentaux envers ce que les islamistes ont considéré comme une «déviation grave de la démocratie» en Tunisie.

D’ailleurs, l’entretien téléphonique, samedi dernier, entre le Président de la République, Kaïs Saïed, et son homologue français, Emmanuel Macron, où ce dernier a affirmé que son pays «se tenait aux côtés de la Tunisie et du peuple tunisien dans ce moment clé pour sa souveraineté et sa liberté» est une baffe pour les islamistes.

En effet, les pays occidentaux semblent s’être désolidarisés d’un parti qui, pendant son règne, avait lâché la bride aux jihadistes et aux terroristes qu’il a encouragés à commettre des attentats contre les «impies» dans leurs propres pays. Ainsi, ils ont commis des attentats à Nice, en Italie et ailleurs par l’entremise de loups solitaires endoctrinés à Tunis. Les Américains n’ont pas oublié non plus l’attentat mené contre leur ambassade à Tunis. C’est pourquoi d’ailleurs leur position vis-à-vis de Carthage n’a pas été virulente. Ce changement radical de position des pays occidentaux dénote aussi leur prise de conscience qu’il y a tellement de feux à éteindre, de nœuds à dénouer dans notre pays. C’est que pour les observateurs avertis, la Tunisie est devenue un vaste théâtre d’ombre, inextricable écheveau d’ego hanté par la haine, la rancune, à force d’alliances éphémères et souvent contre nature ponctuées de trahisons et d’humiliations répétées. Et que le pays est devenu l’otage d’une classe politique qui ne parvient pas à se régénérer et des comptes que cette dernière s’échine à vouloir solder. C’est ce qui semble avoir plaidé pour Saïed dans son entreprise salvatrice en tant que solution qui consiste à écarter provisoirement ou définitivement les ténors à l’origine de cette crise chronique. Reste à miser sur la sagesse des Tunisiens qui n’ont à l’évidence guère envie de renouer avec les démons du passé et être, de nouveau, manipulés au nom de viles ambitions.

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