Depuis 2011, le discours politique dénonce les trafiquants et les spéculateurs, mais il est resté complaisant avec eux. Tout au plus, quelques experts ont accordé à ce fléau une attention distraite lors de quelques conférences. Pourtant, l’opinion publique a attiré l’attention sur les conséquences ravageuses de ce phénomène criminel, notamment sur l’emploi, le développement, la protection sociale et les équilibres financiers du pays. Il est vrai que l’économie parallèle, axée essentiellement sur la contrebande, la spéculation et le crime organisé, représente 50 % de l’économie nationale et constitue un réel souci pour l’État. Ce qui ne cesse de mettre en péril l’autre bonne moitié d’une économie organisée mais qui est déjà fragilisée par la conjoncture mondiale et nationale en berne. Selon les spécialistes, la Tunisie a perdu 55 % de son tissu industriel à cause du démantèlement tarifaire mais aussi à cause de la contrebande. Ce qui a entraîné la perte de plus de 500 mille postes d’emploi. Entre 1996 et 2008, la trésorerie générale de la Tunisie aurait perdu près de 24.000 millions de dinars, soit 2.000 millions de dinars par an, du fait du manque à gagner en matière de taxes douanières non collectées sur les marchandises écoulées de façon illicite sur le marché. Cependant, la mobilisation de tous les agents; douanes, police, garde nationale, armée et contrôleurs a permis, en l’espace de quelques semaines, des saisies remarquables. En effet, grâce à une volonté politique au sommet de l’Etat, la lutte contre les spéculateurs, la contrebande et le commerce illicite est devenue un enjeu majeur pour la Tunisie. Ces derniers jours, diverses opérations d’ampleur, ou encore en cours d’investigation, ont permis la saisie de plusieurs milliers de tonnes de fer, d’huile subventionnée, de bouteilles d’eau mais aussi de millions d’euros et de kilos de cocaïne. Tous ceux qui transgressent la loi, en voulant amasser de l’argent facile au détriment des intérêts de base des Tunisiens, sont dans le collimateur des autorités compétentes.

Mais les fruits de ces actions ne tomberont pas tout seuls de l’arbre. Ils exigent des décisions et du courage politique.

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