Atteindre l’immunité collective est tributaire d’un engagement personnel conjugué au pluriel. Cela ne peut se traduire que par un changement d’attitude à l’égard du vaccin.    

Dimanche dernier, s’est déroulée la 3e journée nationale de vaccination intensive dans environ 400 centres de vaccination répartis sur tout le territoire tunisien, avec un bilan totalisant plus de 467 mille vaccinés. Un chiffre qui s’ajoute à celui atteint au terme des deux journées portes ouvertes, ayant eu lieu les 8 et 15 de ce mois, soit un peu plus d’un million de personnes vaccinées appartenant à la tranche d’âge 18-40 ans et plus. Outre les premiers vaccinés dès le lancement de la campagne en mars dernier. Depuis, le rythme, semble-t-il, n’est pas aussi soutenu qu’on le pense.

Statistiques du ministère de la Santé à l’appui, l’on recense, aujourd’hui, plus de 5 millions de vaccinés dont seulement près de 1,5 ont reçu deux doses. Insuffisant, mais on peut mieux faire. Toutefois, il est trop tôt de crier victoire ! Le schéma vaccinal demeure incomplet. Cela s’explique par la multiplication des réticents au vaccin, alors que le risque des nouvelles contaminations est encore présent. D’autant plus qu’on s’attend, d’ici à l’automne, à d’autres variants plus virulents. Aller se faire vacciner n’est surtout pas un slogan, mais un rappel à la raison. Voire un conseil d’ami qu’il faut prendre au sérieux. Virologues et médecins n’ont cessé d’alerter sur un tel faible taux d’affluence. Jalila Ben Khelil, membre du comité scientifique de lutte contre le coronavirus, a révélé qu’entre 30 et 40% des convoqués appartenant à la tranche d’âge supérieure à 40 ans sont toujours réticents à la vaccination. Les vraies causes ne sont toujours pas dévoilées.

Rigidité dans la réponse

Une enquête effectuée en avril dernier sur un échantillon de presque 2.000 interrogés, sur le Tunisien et le vaccin anti-Covid-19, avait aussi remis en cause pareil comportement de nonchalance inexpliqué. A la question posée sur la volonté d’aller se faire vacciner, 55,9% ont répondu par l’affirmative. Mais, cette évidence n’est pas la réalité : «Les réticents représentent 29,3% des répondants dont 18,1% refusent le vaccin, tandis que 11,2% qui ne savent toujours pas s’ils vont se faire vacciner ou non ». La même étude a montré que les femmes sont plus réticentes que les hommes, avec 47,1%. Et d’ajouter que plus la population est jeune plus les taux d’acceptation du vaccin sont faibles. Soit, « 64,1% des personnes réticentes ont moins de 30 ans ». Pourquoi cette rigidité dans la réponse à l’appel à la vaccination ? Certains disaient que cette résistance est due, en partie, à leur méfiance à l’égard des vaccins et de leurs effets secondaires. D’autres l’expliquaient, auparavant, par l’insuffisance des doses disponibles. 

Ce n’est qu’une accalmie !

Certes, la situation épidémiologique a connu une nette amélioration, due essentiellement à plusieurs facteurs dont notamment la provision des vaccins et la multiplication des campagnes de vaccination tous azimuts. C’est aussi grâce à l’élan de solidarité largement exprimé et des lots de matériel médical et d’oxygène fournis en guise d’aides par les pays frères et amis. Cela, suite à l’appel constant du Président de la république, mais aussi à la réaction fonctionnelle de notre diplomatie.  Mieux encore, la Pharmacie centrale dispose actuellement d’un stock de 2,3 millions de doses, lequel aura presque doublé, d’ici le mois prochain. Et ce n’est pas tout. La Tunisie recevra, en décembre prochain, 4 millions de doses supplémentaires. Soit un potentiel de réserves si important pour mieux booster le rythme de vaccination. Mais cette nouvelle donne serait-elle en mesure d’encourager le reste des plus récalcitrants ? Surtout que la pandémie sévit encore. On est tout juste dans une période d’accalmie. 

Et bien qu’il y ait une baisse des tests positifs au Covid-19, le chargé du ministère de la Santé, Ali Mrabet, a mis en garde contre une cinquième vague. D’où la nécessité de continuer à se faire vacciner. Cela dit, les retardataires n’ont pas le droit de s’absenter. Atteindre l’immunité collective est tributaire d’un engagement personnel conjugué au pluriel. Cela ne peut se traduire que par un changement d’attitude à l’égard du vaccin.

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