Le nouveau rapport du fonds environnemental dédié aux AMP de Méditerranée «The MedFund» retrace dix portraits de femmes impliquées dans la gestion des AMP dans quatre pays, à savoir la Tunisie, l’Albanie, le
Maroc et la Turquie.

Quatre Tunisiennes figurent parmi les femmes les plus engagées dans la gestion des Aires marines protégées (AMP) de Méditerranée, d’après un nouveau rapport du fonds environnemental dédié aux AMP de Méditerranée «The MedFund». Il s’agit de Samia Boufares, directrice de gestion des écosystèmes littoraux à l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), Manel Ben Ismail, directrice de l’association Notre Grand Bleu (NGB), Arij Sadraoui, écogarde à l’association NGB, et Sana Taktak, présidente de l’association Continuité des générations. Le rapport retrace, en tout, dix portraits de femmes impliquées dans la gestion des AMP dans quatre pays, à savoir la Tunisie, l’Albanie, le Maroc et la Turquie.

Samia Boufares, directrice de gestion des écosystèmes littoraux à l’Apal, maîtrise les aspects juridiques de la conservation de la biodiversité, mais elle n’en reste pas moins une scientifique, une femme de terrain à l’esprit pragmatique. Elle a participé à l’élaboration de la Loi de création des Aires marines et côtières protégées (Amcp) en 2009 et aux décrets d’application de cette loi (2014). Depuis 2017, elle participe à la définition des Amcp aux côtés de représentants de l’ensemble des ministères. En 2020, toujours dans le cadre de ses responsabilités à l’Apal, elle a piloté la mise en place de conventions de cogestion de plusieurs Amcp avec quatre ONG tunisiennes. Manel Ben Ismail, directrice de l’association Notre Grand Bleu (NGB), co-gestionnaire de la future Aire marine et côtière protégée (Amcp) des îles Kuriat dans la baie de Monastir, a fait des études de biologie, puis un doctorat en nanomédecine.

En 2012, durant ses études, elle fonde avec un petit groupe de passionnés l’association Notre Grand Bleu. Peu à peu, elle prend conscience de l’impact qu’ont les activités de l’association sur les écolières et les écoliers, les citoyennes et les citoyens, les jeunes… Aujourd’hui, elle dirige une équipe de deux femmes et deux hommes, gère un grand nombre de projets, s’investit dans les écoles, avec des bénévoles, auprès des autorités locales… Arij Sadraoui est aujourd’hui, à 27 ans, la seule femme écogarde d’une Amcp en Tunisie.

La mer et les Iles Kuriat sont devenues son élément. Elle a commencé à s’y impliquer comme bénévole en 2016. Elle n’avait que 22 ans à l’époque, et elle terminait sa licence appliquée en biotechnologie marine et en aquaculture. Puis elle a fait un mastère sur la pollution et le management environnemental. Son projet de fin d’étude portait sur la tortue caouanne et sur l’impact du changement climatique et des activités anthropiques sur leur nidification dans les Iles Kuriat. Avec ses deux collègues éco-gardes, Arij réalise toutes les missions qui leur sont confiées : aménager les îles pour la période touristique (cabane de sensibilisation pour accueillir les visiteurs), surveillance, suivi des tortues et des oiseaux migrateurs et entretien des sentiers sousmarins et terrestres. Sana Taktak est médecin du travail. Elle s’engage dans la société civile et au niveau de la municipalité de Sfax où elle vit afin de mener des actions en faveur de l’environnement à différents niveaux.

Sana a travaillé aussi bien avec des sociétés pétrolières qu’auprès de pêcheuses et de pêcheurs en tant que médecin du travail. Elle a présidé l’Agenda 21 de la municipalité de Sfax. Elle s’est aussi formée au Management environnemental et intéressée à la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). En parallèle, Sana mène des actions en faveur des femmes en milieu rural et dans le milieu marin, avec une implication très locale auprès des femmes collectrices de palourdes sur la côte tunisienne, et une dimension plus internationale, avec la participation à des travaux visant à mettre en lumière le rôle des femmes dans les activités marines et côtières.

The MedFund, créé en 2015, à l’initiative de la France, Monaco, la Tunisie et la Fondation Prince Albert II de Monaco, vise à améliorer l’efficacité de gestion des aires marines protégées (AMP). C’est une institution privée à but non lucratif, basée à Monaco, qui octroie des financements durables pour la conservation de la biodiversité marine.

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