Les investissements extérieurs peuvent contribuer à renforcer nos avoirs en monnaies étrangères comme l’euro et le dollar. Malheureusement, il semble que toute la collectivité publique ne soit pas convaincue de cette orientation pourtant à la portée et réalisable.

La Banque Centrale de Tunisie a fait savoir qu’une baisse des avoirs nets en devises à 74 jours d’importations a été enregistrée à fin avril 2019. Ce résultat est dû principalement, d’après son conseil d’administration, réuni vendredi dernier, aux « remboursements du service de la dette extérieure conjuguée au retard qu’ont connus certains tirages sur les financements extérieurs programmés».

Ces avoirs nets en devises ont chuté à 13,050 MD ou 74 jours d’importations à fin avril 2019, contre 13,974 MD ou 84 jours d’importation à la fin de l’année 2018, selon les données extraites de la réunion du conseil d’administration tenue au siège de la BCT. Le conseil a souligné la nécessité de continuer à suivre de près l’évolution des indicateurs économiques, monétaires et financiers dans le but de préserver la stabilité du secteur tout entier.

Remboursement des crédits

La Tunisie compte dans une large mesure sur les crédits extérieurs pour financer son budget et certains projets programmés. Pourtant, le recours aux crédits n’est pas une fatalité car on peut atténuer leur taux qui a atteint des proportions élevées avec 70%. Il s’agit tout simplement d’accroître la production nationale, les exportations qui génèrent des recettes en devises et le secteur touristique. Les investissements extérieurs peuvent contribuer également à renforcer nos avoirs en monnaies étrangères comme l’euro et le dollar. Malheureusement, il semble que toute la collectivité publique ne soit pas convaincue de cette orientation pourtant à la portée et réalisable.

Il n’est pas normal, par exemple, que la Compagnie des phosphates de Gafsa, l’un des piliers de l’économie nationale, arrête de produire durant des mois à cause des mouvements sociaux. Ainsi, la Tunisie risque de perdre sa place sur le marché international et de favoriser d’autres fournisseurs pour remplacer notre pays dans la vente du phosphate. Certains chômeurs n’hésitent pas à barrer le rail pour empêcher le transport de cette matière, obligeant la société à recourir aux camions. Plus grave encore, les protestataires empêchent les travailleurs de rejoindre leurs postes, ce qui cause un arrêt de travail équivalent à la perte de millions de dollars. Cette situation doit changer au plus vite pour ne plus assister aux arrêts fréquents de travail dans le bassin minier de Gafsa.

Certes, le droit au travail, au développement de la région et à l’installation de nouveaux projets est garanti pour tous les habitants, mais cela ne doit en aucun cas constituer un prétexte pour empêcher la machine productive de tourner normalement. Au contraire, il faut redoubler d’efforts et travailler deux fois plus pour atteindre un rythme de production élevé et pouvoir exporter toujours plus.

Diversifier les exportations

Une autre source de devises est à prendre en considération, à savoir les exportations. Le déficit de la balance commerciale ne cesse de s’aggraver car les importations dépassent de loin les exportations. Les produits de fabrication tunisienne qui sont vendus à l’étranger sont limités à certains produits agricoles comme l’huile d’olive, les agrumes et les dattes. Peu de produits industriels sont exportés et cela ne reflète nullement les ambitions des pouvoirs publics. C’est que depuis des années, les industriels n’ont pas fait un grand pas vers l’innovation et la recherche. Même le secteur du textile-habillement, fleuron de l’industrie tunisienne,  connaît des difficultés compte tenu d’une concurrence ardue sur le marché international.

Les industriels sont appelés à diversifier les exportations en dénichant de nouveaux marchés et en renforçant notre présence dans les marchés traditionnels. La Tunisie dispose, en effet, des atouts pour exporter plus vers toutes les destinations du monde. L’Afrique, à elle seule, présente plusieurs opportunités qui ne sont pas totalement exploitées. Il existe une bonne volonté politique de tirer profit de ce marché, mais la concrétisation tarde à venir. Il est urgent d’exporter plusieurs produits provenant des différents secteurs pour assurer une entrée significative des devises.

Parallèlement, il est nécessaire de réduire autant que faire se peut les importations, notamment des produits considérés comme futiles ou non essentiels, et ce, pour une période donnée, le temps que l’économie tunisienne retrouve son équilibre. La Tunisie, qui favorise la liberté des échanges commerciaux conformément aux principes de l’Organisation mondiale du commerce, peut utiliser son droit de restriction des importations pour certains produits qui ont un similaire fabriqué en Tunisie, et ce, pour sauver notre industrie et équilibrer notre balance commerciale.

Il faut, de même, que toutes les recettes du secteur touristique en devises entrent au pays. Il s’est avéré qu’une partie de ces ressources financières restent dans les pays émetteurs et que notre pays n’en bénéficie pas. Pourtant, on s’attend à accueillir cette année 9 millions de touristes qui devraient rapporter une somme faramineuse en devises.

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