Stabilisation macroéconomique, mise en œuvre des grandes réformes et reprise des négociations avec les bailleurs de fonds devraient être les principales priorités économiques du nouveau gouvernement, affirme Ben Hammouda.


S’exprimant lors d’un webinaire qui a été organisé, mercredi 6 octobre par le cabinet d’audit et de conseil EY, pour présenter les résultats de l’édition 2021 du Baromètre des entreprises en Tunisie, l’économiste Hakim Ben Hammouda s’est attardé sur les priorités économiques qui urgent à l’heure actuelle. Selon l’ancien ministre, trois principales actions doivent être engagées dans l’immédiat pour donner un coup de fouet à l’économie et changer l’environnement économique.

Réduire l’effet d’éviction

Il s’agit, d’abord, de la stabilisation macroéconomique parce qu’elle va permettre de réduire l’effet d’éviction, exercé sur l’économie et provoqué par le recours excessif de l’Etat au financement sur le marché financier. Selon Ben Hammouda, la stabilisation de l’économie va également permettre aux entreprises de s’affranchir d’une politique monétaire restrictive. «Lorsqu’on stabilise l’économie, on réduit l’inflation et on n’a plus besoin de politique monétaire restrictive. On n’a plus besoin d’un taux d’intérêt très élevé, mais on va avoir des taux d’intérêt qui favorisent l’investissement. Un cadre macroéconomique stabilisé où le déficit des finances publiques est réduit et se répercute d’une manière positive sur l’entreprise.

L’Etat n’aura plus, alors, besoin d’emprunter ou d’émettre des BTA et l’effet d’éviction, qui s’exerce sur les entreprises et qui s’est amplifié depuis deux ans, disparaît. Les banques vont, alors, se focaliser sur leur métier fondamental, à savoir le financement de l’investissement», a-t-il indiqué.

Des réformes tant attendues

Selon l’ancien ministre, les grandes réformes représentent la deuxième priorité économique à laquelle il faut s’attaquer. En agissant sur les subventions, les entreprises publiques, l’environnement des affaires, les réformes vont freiner les dérives des finances publiques et permettre d’assainir le climat d’investissement, a-t-il affirmé. Une autre priorité et non des moindres: les négociations avec le FMI. Ben Hammouda a estimé que la reprise des négociations avec le FMI puis avec la communauté internationale envoie un message au monde entier que la Tunisie est de retour. De surcroît, il s’agit d’un moyen qui  va aider à réduire les contraintes économiques.

Des entreprises en mal de soutien

Par ailleurs, l’ancien ministre a commenté les résultats du Baromètre de l’entreprise. Il a souligné que les chiffres de l’enquête révèlent une dichotomie entre l’inquiétude et la résilience des entreprises. Des craintes qui puisent leur origine dans une situation économique et politique très difficile qui s’est embourbée au fil des années. «L’inquiétude, comme le montrent les rapports, n’a fait qu’augmenter au fil des ans parce qu’on a du mal à régler les crises politiques, à mettre en place les changements économiques nécessaires pour améliorer l’environnement des entreprises et pour relancer la croissance. Même si elle a légèrement diminué après le 25 juillet, ça reste un optimisme mesuré», a-t-il noté.

La moitié pleine du verre ? Un courage dont ont fait montre les entreprises qui continuent à investir et à prendre des risques sur des secteurs émergents.

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