Goulots d’étranglement, files de voitures inextricables, embouteillages aux heures de pointe à l’entrée sud de la capitale….Tout cela pourrait bientôt prendre fin avec le nouveau projet d’envergure initié par le ministère de l’Equipement et de l’Habitat qui prévoit la mise  en 2×4 voies  de l’entrée sud de la capitale dans l’optique de fluidifier la circulation. D’un coût de 370 millions de dinars, dont une partie est financée par la Banque Européenne d’Investissement (BEI), ce projet, qui a démarré au mois d’avril dernier et dont la fin des travaux est prévue pour 2024, s’articule autour de la réalisation de deux tronçons, de deux nouveaux échangeurs et du réaménagement  des anciens échangeurs, ainsi que du dédoublement du viaduc qui surplombe les voies ferrées de la Sncft au niveau de Jbel el Jloud.

La première composante du projet va consister à prolonger l’autoroute au niveau de l’échangeur de Mornag par l’aménagement d’un tronçon d’une longueur de 8 kilomètres, doté de quatre voies dans les deux sens, qui assurera la liaison entre Hammam-Lif et la Cité Sportive de Radès et qui prend fin au niveau de la Z4 Saint Gobain.

Un second tronçon de 3,5 km  composé de deux fois deux voies sera également aménagé au niveau du Centre de Traumatologie et des Grands Brûlés de Ben Arous jusqu’au  croisement d’El Yahoudia en passant par El Mourouj 1 et 2, avec l’implantation de voies latérales au niveau des deux échangeurs qui vont être aménagés à ce niveau. Grandiose, ce projet intègre plusieurs autres composantes visant à fluidifier la circulation et minimiser les pertes de temps engendrées par les embouteillages au niveau des différents croisements. Afin de désengorger, en effet,  le giratoire au sol situé au niveau d’El Yahoudia où des bouchons d’étranglement sont observés aux heures de pointe, deux nouveaux échangeurs vont être construits, dont l’un sera aménagé au niveau d’El Yahoudia non loin du marché des voitures, permettant ainsi de fluidifier les flux de voitures venant de M’hamdia, Fouchana et Zaghouan en direction de Tunis.

Intégration des composantes esthétique et environnementale

Le projet s’appuie, par ailleurs, sur une autre composante importante : le recalibrage du viaduc qui enjambe la station de train au niveau de Jbel El Jloud. Deux nouveaux ponts seront construits de part et d’autre de l’ouvrage, ce qui permettra de dédoubler les voies des deux côtés du viaduc et d’avoir 4 voies dans chaque sens de circulation. « L’agrandissement de l’ouvrage va permettre de mettre fin aux embouteillages et aux goulots d’étranglement qui se créent à chaque fois à ce niveau à cause du rétrécissement des voies », explique Slah Zouari, directeur général des Ponts et Chaussées au ministère de l’Equipement.

Au-delà de l’aspect technique du projet, ce sont les dimensions environnementale et sociale du projet qui interpellent. L’intégration de la composante esthétique et environnementale dans ce projet de grande envergure est un fait nouveau, poursuit  le directeur général des Ponts et Chaussées, mettant l’accent sur le fait que la réalisation de ce projet va se faire non seulement dans le respect de l’environnement dans lequel il s’insère, mais va tenir compte, par ailleurs, de la sécurité des piétons et des usagers de la route. « Des panneaux ont été installés pour limiter l’impact acoustique et absorber les bruits occasionnés par la circulation  dans les zones urbaines. Nous avons fait appel à des spécialistes pour l’aménagement d’espaces verts et de plants d’ornementation. C’est une première. Ils assureront le suivi afin de veiller à la préservation de ces espaces ».Pour la première fois, la société civile a eu son mot à dire.

Elle a été associée, en effet, dans le cadre d’une approche participative basée sur une série de consultations avec toutes les parties prenantes concernées par le projet, au process de communication réalisé autour du projet. Pas plus tard que la semaine dernière, une dizaine d’associations ont été conviées à une journée portes ouvertes sur  le chantier de construction. Elles ont pu prendre connaissance des composantes de ce projet pilote et  s’informer notamment sur l’impact environnemental que pourrait avoir le projet, afin de programmer  des actions  de proximité  dans le cadre d’une approche participative entre tous les intervenants…

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