Alors que tous les efforts devraient être déployés pour encourager les investissements étrangers en Tunisie et promouvoir la collaboration économique entre les entreprises tunisiennes et étrangères, des institutions bancaires, à cause de l’existence de lois et de procédures lourdes et étriquées, continuent à mettre les bâtons dans les roues des PME engagées dans des partenariats avec des groupes industriels étrangers. 

A la tête d’une entreprise d’installation de réseaux électriques industriels, E.B vient de décrocher un contrat de 16 millions de dinars pour concevoir le réseau électrique de la nouvelle usine du groupe «Draexlmaier», implantée à Jemmel (gouvernorat de Monastir), et qui est le cinquième site de production du constructeur d’automobile allemand en Tunisie.

Ce dernier, qui a été sélectionné parmi dix entreprises, suite au lancement d’une consultation restreinte pour la conception du réseau électrique de la nouvelle usine du groupe allemand en Tunisie, fait face aujourd’hui à de sérieux problèmes. Les deux partenaires sont convenus, en effet, que l’entreprise d’installation de réseaux électriques perçoit 30% de l’offre, à condition qu’elle fournisse d’avance une caution bancaire comme garantie. Ces 30%, qui devraient être attribués comme avance par le groupe «Draexlmaier», devraient permettre à la PME d’acquérir les équipements auprès des fournisseurs.

Or, la banque, à qui E.B a fourni des hypothèques comme garantie pour obtenir la caution bancaire exigée par le groupe allemand, a fait volte-face à la dernière minute, en refusant de la lui accorder au motif que le capital social de l’entreprise est trop petit pour pouvoir prétendre bénéficier de cette garantie. Aujourd’hui, à cause de ce blocage, l’entrepreneur, désemparé face à l’approche des échéances, craint de perdre le marché. « Le capital social d’une entreprise ne doit pas constituer un obstacle qui empêche les PME d’obtenir un prêt ou un crédit bancaire. Il est temps que les banques prennent des risques avec les petites entreprises afin de leur permettre d’investir et de remporter de grands marchés. Je ne vois pas pourquoi elles accordent leur confiance aux grands groupes industriels et la refusent aux PME, alors que ces dernières sont prêtes à leur fournir des garanties. Il est vraiment temps que les banques prennent des risques pour dynamiser l’activité des PME», s’indigne le chef d’entreprise.

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Charger plus par Imen Haouari
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