Abderrahman Lagha, économiste

«Les raisons de la crise remontent à 20 ans et la situation s’est encore dégradée en 2011. Depuis 10 ans, le peuple tunisien s’est révolté pour la redistribution des opportunités et pour un meilleur système éducatif. De leur côté, les hommes d’affaires se sont insurgés pour l’égalité d’accès aux opportunités économiques. Cependant, on s’est dirigé vers une phase de construction au lieu de se diriger vers les projets de réforme. La Tunisie n’aurait pas dû adopter le chemin de réformes inachevées. J’estime que la crise économique  et la situation des finances publiques en Tunisie ne sont pas liées principalement à la politique de la Banque centrale de Tunisie. A mon sens, il ne faut pas limiter les problèmes des finances publiques au rôle de la BCT.

Le rôle du système financier est de financer les investissements et l’économie. Nous devons nous  poser la question : pourquoi le système bancaire n’assume pas son rôle pleinement ? Il ne faut pas imputer les problèmes de l’économie tunisienne aux augmentations salariales. L’Ugtt a toujours tenu compte de la situation.

D’ailleurs, sur les 10 dernières années, pendant trois années, la centrale patronale n’a pas revendiqué d’augmentations salariales: 2016, trois mois en 2017, 2020 et 2021 malgré les pressions exercées par nos adhérents, l’inflation et la situation critique. Le secteur public et la fonction publique comptent 700 mille salariés, soit 700 mille familles, d’où l’importance d’ajuster leur pouvoir d’achat. A mon avis, le problème ne consiste pas en la masse salaire, mais au pourcentage de la masse salariale par rapport au PIB.  S’il n’existe pas un effort pour booster l’investissement et améliorer les salaires, les citoyens ne peuvent pas s’en sortir. L’investissement est le seul moyen pour améliorer la situation en Tunisie ».

Aslan Ben Rejeb, avocat et membre du bureau exécutif de la Conect

«Notre organisation a accueilli, de manière favorable, l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, car cela rassure les acteurs économiques. La situation économique est très critique et des milliers d’entreprises ont dû fermer leurs portes. Maintenant, nous devons passer aux programmes détaillés. Il est important de consacrer le principe d’égalité des changes, ainsi que la liberté de l’initiative pour toutes les catégories sociales du pays. Le gouvernement doit apporter une révision sur le système des autorisations pour les projets. Notre organisation a déjà entamé un programme pour la mise en place de plusieurs cahiers des charges lors du gouvernement de Mechichi. J’appelle le nouveau gouvernement à poursuivre ce même programme. Le plus grand défi qui attend le nouveau gouvernement est celui de rééquilibrer les finances publiques. La Conect ainsi que les autres organisations nationales n’ont pas été consultées pour la formation du nouveau gouvernement. La Conect ne présentera pas de propositions quant à la situation économique».

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