Hatem Zaâra, vice-président de l’Association des experts monétaires et analyste financier

«L’Association a élaboré un rapport préparé par une équipe d’experts opérant dans le secteur économique et financier. Ce rapport est multidimensionnel dans la mesure où il traite, à côté du volet financier et social, certaines questions bancaires outre la politique sectorielle du pays et la gouvernance. Ce rapport passe en revue ces différentes questions dans l’objectif d’évaluer les potentiels de réforme des grandes institutions de l’Etat tunisien. Les réformes proposées dans ce rapport font l’objet de l’unanimité des experts. Parmi ces propositions : le financement du déficit budgétaire, la restructuration des entreprises publiques et la politique sectorielle de l’Etat, l’amélioration du climat d’affaires en passant par la révision de la législation et du système de chance et la numérisation de l’administration. Chaque volet de réforme comporte également des mesures minutieuses et un agenda précis, à côté d’un comité de direction et des indicateurs de performance à mettre en œuvre pour réussir ces réformes, et en vue de restaurer la confiance des bailleurs de fonds internationaux et défricher de nouveaux marchés. L’Association a aussi suggéré la création d’un fonds de sauvetage national pour sauver les institutions publiques prioritaires et prendre des décisions audacieuses relatives aux entreprises publiques. Concernant la dégradation de la notation souveraine, je pense que c’est une sanction prévue. J’estime que l’annonce de la formation du gouvernement a été tardive et qu’on aurait pu surprendre l’Agence de notation Moody’s. Cette dernière aurait dû relever les perspectives  à stable au lieu de négative. La situation financière n’est pas si catastrophique. Car il faut se rappeler que la récolte des olives variera entre 250 mille et 300 mille t d’olives. Une saison prometteuse qui pourra amortir ces difficultés financières et dynamiser quelque peu l’économie nationale, dans la mesure où le secteur de l’oléiculture sera de nature à renflouer la réserve en devises de la Tunisie. Les solutions existent et les salaires  des prochains mois seront assurés».

Mohamed Msilini, ancien ministre du Commerce

«Le pays traverse une crise sans précédent et il faut trouver, en urgence, des solutions à cette crise multidimensionnelle. L’Etat est débiteur de près de 7 milliards de dinars tunisiens à ses entreprises publiques et l’enregistrement d’un taux de croissance de 4% est difficilement réalisable pour le moment. Il faut procéder à la restructuration de toutes les entreprises publiques d’une manière casuistique. Ces entreprises sinistrées sont les victimes de l’absence d’une vision ou d’une approche claire de réforme. Pour éviter l’effondrement de ces entreprises, il faut œuvrer pour trouver des solutions de sauvetage. A titre d’exemple, il est impératif de revoir la tarification de l’électricité vu que son coût est assez élevé pour le producteur. De surcroît, la question de l’énergie solaire n’est pas envisageable puisque cette énergie n’est pas accessible tout au long de l’année. L’Etat ne peut pas aller dans la levée des subventions et les entreprises publiques doivent être gérées comme si elles étaient des entreprises privées relevant de l’Etat. Les entreprises publiques souffrent de nombreux problèmes liés à la gouvernance, mis à part le problème de liquidité.  Je regrette que «Le livre blanc» n’a pas été appliqué et je pense que cela est lié à l’absence d’une volonté politique».

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