Quand les Américains parlent au monde, ils ne font pas dans la dentelle. Ils s’adressent aux Iraniens, aux Saoudiens, aux Européens, aux Chinois dans des propos clairs, parfois durs. Cela découle des fondamentaux de leur politique étrangère qui est basée sur le respect total de la démocratie et de la liberté. Mais ils épargnent l’Etat sioniste et ferment les yeux sur ses exactions envers les Palestiniens et couvrent les dérives de leurs alliés quand les enjeux géostratégiques l’emportent sur les intérêts tactiques. Ils sont sensibles à la répression des journalistes et aux procès militaires, mais ils créent des zones de non-droit pour fouler aux pieds valeurs et principes, comme à Guantanamo.         

Pour pouvoir composer avec cette puissance qui dirige le monde tout en évitant de tomber dans les tiraillements multilatéraux, il faut savoir parler à Washington. Car l’épisode par lequel passent les relations tuniso-américaines est certes critique, mais le socle des rapports historiques est beaucoup plus solide et ne risque pas de vaciller facilement si la franchise est admise comme règle du jeu de part et d’autre. En effet, les Américains se sont trompés à plusieurs reprises dans leur analyse des crises survenues dans plusieurs pays. Mais n’hésitent pas à faire marche arrière et à admettre les fautes commises, si leur partenaire est capable de fournir, en toute transparence, données et preuves tangibles. A cet effet, l’échange de visites, le dialogue, la communication et la clairvoyance peuvent constituer un point de départ pour desserrer les nœuds et faire sauter les verrous qui pourraient bloquer les négociations. A cet effet, la politique du déni ne peut que favoriser l’action des détracteurs et de ceux qui cherchent à envenimer les rapports tuniso-américains. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain sous prétexte que c’est la souveraineté nationale qui est en jeu. Il faut juste savoir quand avancer ses pions pour gagner la partie. Car la question de la pression américaine n’est qu’un feu de paille que plusieurs cherchent à attiser.

Charger plus d'articles
Charger plus par Chokri Ben Nessir
  • Interrogations légitimes

    Au moment où les Tunisiens se préparent à voir le Président Kaïs Saïed annoncer les mesure…
  • Parler aux Tunisiens

    Quatre mois après l’activation des mesures exceptionnelles par le Président de la Républiq…
  • Le malaise des médias publics

    Perçus et considérés par erreur comme étant des médias du gouvernement, les médias publics…
Charger plus dans Editorial

Laisser un commentaire