Décidément, on n’a pas, dans notre sport, le principe de la continuité de l’Etat. Cela quand on voit ce qui a découlé de la grande réunion entre les ministres de l’Intérieur et celui des Sports à propos du retour du public aux stades et aux salles sportives. C’est que Kamel Degguiche, l’ex-nouveau ministre des Sports, recommence tout à zéro sur ce sujet urgent. Son prédécesseur par intérim a déjà décidé d’un retour à raison de 50% du public, conformément aux mesures d’assouplissement prises après le 25 juillet relatives au covid. L’Etat a déjà enlevé les barrières pour les rassemblements des personnes lors des événements culturels, religieux et, bien sûr, sportifs. Pourquoi alors perdre du temps dans des réunions pour fixer la date à laquelle le public reviendra et surtout dans quel contexte (nombre, conditions…). Cette fameuse réunion entre les deux ministres n’a pas impliqué un autre ministère aussi important sur ce dossier, le ministère de la Santé. Quand on a une décision prise par un ministre (même si c’est le prédécesseur) qui stipule clairement que le public peut revenir, et quand on a une saison sportive qui a déjà commencé en football, mais aussi en basket et en volley, et que les clubs sont au bord de la faillite, la raison dit qu’il faut y aller vite. Mais apparemment, la notion du temps n’est pas prise en compte. On nous parle d’une autre réunion et on attendra encore pour voir quand est-ce que les fans vont pouvoir reprendre le goût d’assister à un match in situ. Pour les préparatifs qui doivent avoir lieu pour «filtrer» l’assistance et s’assurer qu’ils sont vaccinés, on a déjà montré qu’il y a les moyens humains pour le faire. Ce n’était pas un dossier pénible, on aurait pu déjà voir le public dans les stades, tout en respectant les restrictions sanitaires inhérentes au covid. A moins, bien sûr, que le «veto» sur le retour du public n’a rien à voir avec le covid, et que c’est d’ordre sécuritaire, comme le disent certains. Une hypothèse plausible, mais pas très rassurante si elle se confirme. Tout ce qui est sportif doit rester dans la sphère des sportifs, en respectant, bien sûr, les règlements. Mais il paraît que le retour du public, qui va embellir cette image terne du sport tunisien, fait peur à des gens et à des instances non sportives. Le public va attendre  pour revivre les sensations des stades. Combien? C’est remis aux calendes grecques pour le moment.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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