Intervenant lors du panel consacré aux approches et outils de la digitalisation, l’ancien ministre des Technologies de la communication, Fadhel Kraiem, a souligné que le secteur financier doit être à  l’affût des tendances en matière de digitalisation. Étant la locomotive du développement et de la croissance, le secteur bancaire doit réussir sa transformation digitale.


Le forum qui s’est tenu hier à Tunis était une occasion pour mettre à plat la transformation digitale dans le secteur bancaire. Les experts et les  dirigeants de banques ont mis l’accent sur l’impact indéniable des technologies disruptives sur l’activité des banques. L’Union des banques maghrébines a organisé, hier à Tunis, le Forum bancaire maghrébin qui a porté cette année sur le thème de la digitalisation des processus et des services bancaires. Des dirigeants de banques mais également des experts en transformation digitale étaient présents pour débattre des enjeux de la transformation numérique dans le secteur bancaire au Maghreb. Intervenant lors du panel consacré aux approches et outils de la digitalisation, l’ancien ministre des Technologies de la communication, Fadhel Kraiem, a souligné que le secteur financier doit être à  l’affût des tendances en matière de digitalisation. Étant la locomotive du développement et de la croissance, le secteur bancaire doit réussir sa transformation  digitale qui est une dynamique planétaire, a-t-il précisé. Évoquant l’expérience réussie de la E-wallet qui a servi pour distribuer les aides sociales à plus de  400 mille familles nécessiteuses, lors du grand confinement en 2020, Kraiem a fait savoir que la digitalisation des processus nécessite avant tout une vision, une volonté et un cadre réglementaire. Il a précisé, dans le même sillage, que la réussite de la transformation digitale est tributaire de trois facteurs, à savoir la disponibilité des technologies, un cadre réglementaire adéquat et une culture digitale ancrée. «Parfois pour imposer un changement, une culture, en l’occurrence digitale, il faut éduquer le marché et être directif», a-t-il noté. Il a, en outre, indiqué que cette  transformation qui s’opère au niveau des entreprises bancaires est tirée par le changement du comportement du consommateur qui est influencé par les nouveaux outils technologiques. « Le smartphone a changé le comportement du consommateur tunisien  de manière irréversible. Il faut intégrer ces outils technologiques dans toutes les stratégies de transformation digitale», a-t-il souligné. Évoquant les freins à la digitalisation, Mohamed Ouederni, directeur associé de Vneuron, a fait savoir que le travail en silo (49% des entreprises identifient une collaboration inadéquate comme un challenge à la digitalisation), la pénurie des talents et des compétences (64% des entreprises connaissent un manque de compétences en IT) et l’indisponibilité d’un budget conséquent dédié à la transformation sont les principales entraves du processus de la digitalisation. Par ailleurs, Ouederni a recommandé aux banques d’adopter une approche dite «low-code» qui nécessite peu ou pas  de codage dans la création des applications et des processus. Faisant le parallèle avec l’industrie automobile qui est un secteur en pleine transition vers l’électrification, Yve Eonnet, cofondateur de Skaleet, a souligné que la digitalisation va entièrement changer les métiers et le secteur des banques. Il a proposé aux banques de créer des unités parallèles aux unités existantes. Leur rôle est  d’atteindre les gens non bancarisés mais aussi de donner accès aux Finetech. « On va introduire les technologies disruptives  sans détruire »,  a-t-il précisé. 

Slim Besbes, directeur de Digital Factory, a, de son côté, mis l’accent sur les facteurs du succès des processus de digitalisation.  Selon l’expert, une stratégie bien définie qui intègre à la fois la dimension data mais aussi les volets expérience client et culture digitale, est la clé de voûte pour une transformation  digitale sans faille. Il a ajouté, dans le même ordre d’idées, que la mise en place d’une gouvernance qui permet de suivre les projets et d’un modèle opérationnel qui intègre l’agilité dans son fonctionnement devraient être des gages de l’aboutissement du processus de la transformation digitale.

Il est à noter que lors du forum, le professeur en finance Dhafer Saidane a  présenté le rapport annuel de l’Union des banques maghrébines. Plusieurs workshops ont été également tenus afin de débattre des enjeux de la digitalisation dans le secteur bancaire.

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