Le clash qui vient de se produire  entre le ministre des Sports et le président de la FTF (pas du tout le premier entre les deux hommes) arrive dans un moment où les forces ont changé de calibre dans les deux camps. Contrairement à la saison dernière, le ministre des Sports actuel (obligé à l’époque de commencer le championnat au milieu de la vague covid)  part cette fois avec une position plus confortable. En position de force, et appuyé par sa hiérarchie, il n’a pas mâché ses mots envers le président de la FTF. C’était sec, clair et plein de messages avec, au passage, une envie de prendre une revanche sur celui qui était indétrônable  il y a quelques mois. Cette fois, le dossier du match Tunisie-Zambie et l’absence du public (quelque chose de folklorique quand on se rappelle des échanges de communiqués le jour du match) ont été l’étincelle de ce clash. Mais ce bras de fer  était prévisible même via d’autres affaires. Le contexte politique, en lien direct avec tout ce qui s’est passé sur notre football, a changé brutalement. Le ministre des Sports, conseillé aussi par ses mentors qui ont des comptes à régler  avec le président de la FTF, est aujourd’hui en situation de force avant d’entamer cette «bataille juridique» (c’est lui qui a prononcé cela). Il a l’appui de l’Etat et du premier décideur politique, alors que le président de la FTF ne pourra plus compter sur le gouvernement et sur les partis qui le soutenaient indirectement. Et les clubs? C’est justement  ce point qui va trancher dans ce nouveau bras de fer.

Changement de décor, ces clubs vont-ils crier loyauté et rester «fidèles» au président de la FTF qui savait les  mater? Ou vont-ils changer de camp et destituer ce bureau fédéral? Et ces mesures, que l’actuel ministre des Sports s’apprête ou menace de prendre, seront-elles fondées juridiquement pour éviter une interférence politique dans le sport et ses lourdes conséquences? C’est tout l’enjeu de cette escalade qu’on ne pouvait éviter. C’est attendu avec des comptes à régler et un changement total des règles du jeu au pays. L’actuel président de la FTF aura-t-il la force, le souffle et la protection des clubs pour tenir face au plan préparé par le ministre des Sports? C’est chaud et tendu en ce moment dans les coulisses. Celui qui va saisir le moment et bien manœuvrer sur le plan juridique va l’emporter. Il n’y aura pas de «match nul» entre les deux hommes. Il y aura un «vainqueur» et un «vaincu», mais cela n’a rien à voir avec le sport, c’est politique, personnel et cela va encore plus loin et plus profond.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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