Aujourd’hui, les Tunisiens supportent de plus en plus mal l’érosion de leur pouvoir d’achat, l’envolée des prix, les pénuries, l’appauvrissement progressif de la classe moyenne et surtout le chômage. Lutter contre le chômage des jeunes, un problème structurel qui a été amplifié par la crise sanitaire qui l’a exacerbé.

Selon les dernières statistiques publiées par l’INS, le taux de chômage a atteint son plus haut niveau, soit 18,4% au cours du troisième trimestre de 2021 contre 17,9% au deuxième trimestre. Le nombre de chômeurs est passé à 762,6 mille du total de la population active, contre 746,4 mille chômeurs au cours du premier trimestre, soit 16 mille chômeurs de plus sur le marché du travail.

Ces chiffres montrent que le gouvernement actuel aura du pain sur la planche. La stratégie de redressement de l’économie devra préserver les emplois et en créer de nouveaux pour les chômeurs. Tout un chantier…

Aujourd’hui, la grogne sociale règne dans plusieurs régions du pays où les jeunes au chômage, dont en particulier les diplômés du supérieur, végètent dans la précarité, voient leurs conditions de vie érodées, gagnés par la désillusion, ne reculant pas à gagner les côtes pour échapper à la misère et au dysfonctionnement du système.

Le nombre de « harragas », qui tentent, au péril de leur vie, de quitter le pays à bord d’embarcations de fortune, augmente curieusement. Les jeunes, meurtris par le chômage, une administration opaque et la cherté de la vie, fuient la Tunisie sans regret ni remords. L’absence de perspectives est sans doute le facteur qui explique le mieux cette envie qui les habite pour partir à tout prix.

A l’évidence, toutes les difficultés qu’endure  aujourd’hui la Tunisie trouvent leur source dans les mauvais choix, l’absence de réformes et en même temps une économie à bout de souffle.

C’est un test majeur pour le nouveau gouvernement pour s’attaquer aux grands maux qui paralysent l’activité économique et accentuent le malaise social.

L’exécutif est appelé aussi à soutenir aussi bien les entreprises — quelle que soit leur taille —  qui font face à des pertes substantielles menaçant leur fonctionnement et leur solvabilité,  et une grande partie de travailleurs ayant perdu  leur emploi.

Les gouvernements qui se sont succédé déclarent dès le début de leur exercice que le traitement du dossier de lutte contre le chômage sera prioritaire, au point que l’on doute réellement de la sincérité de cette assertion, qui semble faire plutôt office de calmant social qu’autre chose.

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