Quatre mois après l’activation des mesures exceptionnelles par le Président de la République, les espoirs fondés sur des lendemains meilleurs commencent à s’estomper. Le malheur c’est que ce n’est pas à cause de la compromission du processus démocratique que le désespoir commence à gagner le cœur du Tunisiens mais à cause du noir qu’il broie à longueur de journée.      

En effet, l’action politique et la focalisation sur la lutte contre la corruption qui a marqué la stratégie politique du chef de l’État, bien qu’appréciée par une large frange de la population, ont été menées au détriment du volet social et économique tombeur du régime de Ben Ali. De ce fait, la grogne pointe le nez et la colère commence à se manifester auprès des secteurs et des régions. Déjà, on signale le retour des sit-in, des manifestations un peu partout dans le pays. Les plaies sociales sont rouvertes et les réponses du gouvernement tardent à venir. Ce mutisme est d’autant plus inquiétant quand on sait qu’aucune vision n’est claire du côté de l’exécutif. Entre-temps, les opposants au Président profitent de ce mécontentement populaire pour hausser le ton et affûter leurs armes pour revenir à la charge. Ils resserrent leurs rangs et préparent l’offensive, appuyés dans leur démarche par des puissances étrangères qui tiennent mordicus au retour au processus constitutionnel. Mais les inquiétudes les plus fortes puisent leur origine dans la faillite financière de l’Etat qui risque de ne pas pouvoir combler un trou béant dans le budget du pays. En effet, la réticence des bailleurs de fonds et l’hésitation des pays frères et amis à accorder à la Tunisie une lampée pour relancer les moteurs mettent le pays dans une situation extrêmement délicate. Il est grand temps de parler aux Tunisiens, de dire la vérité sur la situation économique et financière et de leur exposer les contours de l’étape politique à venir. Se murer dans un discours de culpabilisation ne servira pas à résoudre les problèmes des Tunisiens. Une adresse au peuple est plus qu’urgente pour traiter ensemble les maux qui traumatisent notre pays. Chaque jour compte, chaque minute est importante avant qu’il ne soit trop tard pour expliquer et convaincre. 

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Un commentaire

  1. Annick Marie Mahjoub

    04/12/2021 à 09:17

    Les ennemis de notre Président actuel n’ont et n’auront aucune mauvaise conscience à monter tous les mauvais coups possibles et innimaginabl/es contre ce dernier, mais aussi, contre le peuple tunisien quels que puissent en être les dommages à l’échelle nationale : le seul but étant de déloger ces ’empêcheurs de tourner en rond » qui ne servent pas leurs propres intérêts. La seule chose qui intéressent ces prédateurs intégristes et autres… est de s’approprier la dépouille de la Tunisie pour la dépecer et la dévorer de concert. Au Liban, ils sont en voie d’y arriver après avoir mis le pays à genoux
    !

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