Après les avoir exemptés de payer le loyer en 2016, la Société de promotion des logements sociaux (Sprols) a sommé les locataires des logements sociaux à El Manar, à El Menzah 8, à El Romana et à La Marsa de verser les arriérés locatifs.


Rien ne va plus entre la Sprols et les locataires des logements sociaux de la société qui se trouvent à El Manar, El Menzah 8, El Romana et La Marsa. Après avoir été exemptés, par la Sprols, du versement des loyers le temps de finaliser leurs dossiers pour se rendre acquéreurs des biens qu’ils occupent pour certains depuis plus de trente ans, voilà que la Société de promotion des logements sociaux a décidé de revenir sur sa décision, en sommant lesdits locataires de payer les arriérés de loyer. A l’instar des nombreux locataires de la Sprols, Ali Jeridi, retraité, est entré dans une colère noire en apprenant la nouvelle. «Suite au conseil ministériel restreint qui s’est tenu le mois de novembre 2015 pour statuer sur la situation des 820 familles qui louent depuis plus de 30 ans des appartements de la Sprols sans avoir pu les acheter, ladite société a adressé aux locataires concernés une missive dans laquelle elle leur a signifié qu’elle prévoit de suspendre les loyers le temps que les dossiers d’achat des biens immobiliers soient finalisés, explique le fonctionnaire à la retraite. Or, cette dernière, sans que l’on sache pourquoi, a, par la suite, exigé des locataires qu’ils s’acquittent des loyers impayés à la stupéfaction générale».

Politique du logement social

Il faut revenir à des faits plus anciens et à la situation foncière du patrimoine immobilier que gère la Sprols pour le compte de la Caisse nationale de sécurité sociale, pour comprendre les dessous du bras de fer qui oppose aujourd’hui les occupants des résidences de la Sprols à cette dernière. La Société de promotion des logements sociaux a vu le jour au début des années 70. A l’instar de l’AFH et du Cnel, cet organisme a été créé pour mettre en œuvre la politique du logement social de l’Etat destiné à répondre à la demande importante en logements des catégories socio-professionnelles aux revenus modestes et composées essentiellement d’agents et d’employés qui cotisent aux caisses de sécurité sociale. La Sprols, qui a entrepris de construire plus de dix mille habitats dès le début des années 80, a eu pour principale vocation de gérer les programmes de logements sociaux de la Cnss. Les habitats collectifs, qui sont réalisés, sont essentiellement destinés à être loués aux affiliés de la Caisse nationale d’assurance sociale et d’assurance vieillesse. Mais le retard observé dans le payement des loyers ainsi que le refus de locataires récalcitrants de payer le leur, outre ceux qui usent de subterfuges pour profiter du coût du loyer modique en le sous-louant à des montants beaucoup plus chers à d’autres locataires, figurent parmi les facteurs exogènes qui ont fini par mettre en difficulté la Sprols qui enchaîne au fil des années les contreperformances, en s’enfonçant dans une spirale déficitaire.

16 ans après, l’interdiction levée

En 1989, un décret présidentiel finit par autoriser les locataires de longue date qui habitent les résidences de la Sprols à acheter les biens immobiliers qu’ils occupent par le versement d’un complément modique (la Sprols ayant pris en compte les loyers versés pendant toute la période d’occupation), à l’exception des 820 familles qui logent dans les résidences d’El Romana, d’El Menzah 8, d’El Manar et de La Marsa. S’ensuit alors pour les locataires non concernés par ce décret, une âpre lutte pour leur droit à l’acquisition de l’appartement qu’ils occupent, au cours des seize années qui vont suivre. Finalement, c’est l’espoir qui renaît suite à la tenue d’un CMR en 2015 à l’issue duquel il a été décidé de lever l’interdiction d’achat des appartements pour les quatre résidences de la Sprols non concernées par le décret présidentiel de 1989.

Après que la Société de promotion des logements sociaux (Sprols) a demandé aux 820 familles de finaliser leur dossier pour l’acquisition de leur appartement, en leur précisant que le prix d’achat a été fixé sur la base de la valeur actuelle des biens sur le marché immobilier de l’époque (2015), ce qui a provoqué l’ire des intéressés et qu’une commission mixte composée des représentants des ministères des Affaires sociales et de l’Equipement et de l’Habitat a donné son aval, la procédure d’acquisition des appartements de la Sprols enregistre pourtant un grand retard et peine à avancer. «Ce prix est supérieur à la valeur réelle de ces logements qui, n’oublions pas, ont été construits dans les années 80.

C’est pour cela que nous avons eu du mal à accepter le montant qui nous a été proposé par la Sprols», a souligné Ali Jeridi. Six ans après avoir lancé les démarches pour l’achat de leurs appartements, les 820 résidents sont surpris par une nouvelle requête de la Société. Exemptés du payement de loyer depuis le lancement de la procédure de finalisation de leurs dossiers, ils sont sommés aujourd’hui par la Société de promotion des logements sociaux de s’acquitter des loyers impayés. Ces derniers ont décidé de faire entendre leur voix en organisant prochainement une série de mouvements de protestation.

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