La ministre des Affaires culturelles a annoncé le lancement prochain d’un concours d’architecture, de scénographie et d’aménagement paysager pour la réhabilitation du Musée national de Carthage. Une étape qui s’achève — celle de l’expertise — et une nouvelle qui s’annonce pour la mise en œuvre. Ce projet de réhabilitation, d’un montant de 10 millions d’euros, est financé par l’Union européenne qui a délégué la mise en œuvre opérationnelle à Expertise France, en partenariat avec le ministère français de la Culture.


La première phase d’expertise est finie, voilà venu le temps de lancer le concours d’architecture, de scénographie et d’aménagement paysager pour que le site du Musée de Carthage, incluant la Cathédrale Saint-Louis, reprenne vie. Inscrit dans le cadre du programme «Tounes Wejhetouna» (Tunisie, notre destination), ce projet est financé par l’Union européenne sa mise en œuvre a été confiée à Expertise France, en partenariat avec le ministère des Affaires culturelles et ses institutions et le ministère français de la Culture.

Dans son allocution, lors du point de presse qui s’est tenu à l’Acropolium de Carthage, la ministre des Affaires culturelles a relaté brièvement l’historique du musée. Étant fondé en 1875 dans les locaux du séminaire des Pères Blancs sous le nom de musée Saint-Louis avant  de devenir en 1899 musée Lavigerie puis élevé au rang de musée national en 1964 après la signature du modus vivendi entre le Vatican et la République tunisienne, le musée a connu plusieurs opérations d’extension, de réaménagement puis de consolidation ainsi que des tentatives de réhabilitation dans les années 2000. Néanmoins, plusieurs salles ont dû être fermées jusqu’à la fermeture complète du musée en mars 2018», a-t-elle précisé. 

Consciente de la complexité d’une intervention sur un site classé et des moyens humains et financiers nécessaires pour intervenir sur un bâtiment historique, la Tunisie a sollicité la délégation de l’Union européenne pour soutenir les efforts du ministère des Affaires culturelles dans la réhabilitation du Musée national de Carthage.

«Le mandat de maîtrise  d’ouvrage a été délégué à l’opérateur technique Expertise France, groupe de l’Agence française de développement. L’intervention sur la cathédrale Saint-Louis et l’ancien séminaire des Pères Blancs, bâtiments historiques sensibles implantés dans un site archéologique sous pression urbaine, a nécessité de mener pendant deux ans différentes études indispensables à cette intervention», a-t-elle précisé.

Durant deux ans, une approche innovante et concertée a été réalisée pour une étude d’impact environnementale, sociale et patrimoniale initiée pour la première fois dans un projet muséal en Tunisie.

De même, plusieurs expertises et analyses en cours vont permettre de répondre aux exigences des normes de sécurité sanitaire et environnementale internationale appliquées à toute intervention sur des bâtiments historiques accueillant du public.

Ces étapes sont essentielles avant le lancement des études techniques et architecturales afin de mieux maîtriser les coûts et le calendrier d’exécution estimés aujourd’hui à 3 ans. Ce point de presse marque le passage à la seconde étape de ce grand projet muséal, à savoir le lancement du concours d’architecture, de scénographie et d’aménagement paysager afin d’assurer une conception créative, contemporaine, participative et optimale à la hauteur du prestige du site.

Ce projet porte sur trois échelles d’intervention totalement imbriquées : d’abord la réhabilitation des bâtiments du musée dans la limite des emprises existantes et en conformité avec la réglementation applicable et des contraintes patrimoniales énoncées dans le programme. Ensuite, la réalisation du projet scénographique pour l’exposition permanente en conformité avec le programme muséographique. Enfin, la requalification du contexte urbain et paysager du musée en cohérence avec le programme de l’opération (place de l’Unesco et ses abords, espaces extérieurs et espaces paysagers à l’intérieur du périmètre, les vestiges archéologiques de la colline de Byrsa). 


Le projet en bref…

Maître d’ouvrage : ministère des Affaires culturelles

Maître d’ouvrage délégué : Expertise France

Financement : Union européenne (ministère de la Culture)

Etudes préalables et appui institutionnel : 1 million d’euros

Chantier des collections : 1 million d’euros

Etude et travaux : 8 millions d’euros

Règlement du concours : à partir de janvier 2022 (https://www.marchés-publics.gouv.fr)

Démarrage des études : novembre 2022

Démarrage des travaux : mars 2024

Inauguration du musée : décembre 2025

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