«La  crise en Afghanistan n’est pas seulement un défi humanitaire. Elle risque d’avoir des retombées d’ordre sécuritaire, favorisant l’instabilité et provoquant un flux massif de réfugiés».

La Tunisie est invitée à la 17e session extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui se réunira en urgence le 19 de ce mois, dans la capitale pakistanaise Islamabad, afin d’examiner la détérioration de la situation humanitaire en Afghanistan. Un des membres fondateurs de l’OCI, créée en 1969, notre pays n’a jamais manqué  ce rendez-vous. Sa participation prévue, très bientôt, revêtira une grande importance, dans la mesure où il a son mot à dire dans pareille circonstance. C’est ce qu’a annoncé l’ambassadeur du Pakistan en Tunisie, S.E Tahir Hussain Andrabi, lors d’un point de presse, tenu jeudi dernier, dans son département aux Berges du Lac à Tunis. 

En fait, depuis la prise de pouvoir par les talibans à Kaboul, la population afghane s’enlise dans une grave crise humanitaire, dont 60 % des 38 millions d’habitants que compte le pays se sont trouvés seuls face à leur destin, de plus en plus exposés à un péril mortel. L’insécurité et la famine demeurent ainsi un danger bien réel. L’arrivé de l’hiver a encore exacerbé la situation. Et si rien n’est fait, le monde connaîtra une des plus grandes crises humanitaires  jamais vécue, alerte l’ambassadeur. C’est pourquoi l’Arabie Saoudite, en sa qualité de président actuel du sommet de l’OIC, avait proposé, le mois écoulé, de convoquer cette session extraordinaire, en étroite concertation avec le Pakistan, voisin limitrophe d’Afghanistan. Ce rendez-vous d’envergure, ajoute-il, sera précédé, un jour avant, d’une réunion préparatoire des hauts fonctionnaires.

«Comme la Tunisie, l’Afghanistan est un pays musulman membre fondateur de l’OCI, avec qui nous avons des liens de fraternité et d’amitié. D’où nous devons l’aider», soutient S.E. Andrabi. Surtout que l’OCI n’a cessé, au fil des ans, de lui apporter un soutien constant. Et de faire remarquer que le peuple afghan a, plus que jamais, besoin du soutien de la communauté internationale, y compris celui de l’Organisation. « La 17e session extraordinaire, attendue au Pakistan, vise à mobiliser un soutien international pour lui fournir une aide urgente et durable», renchérit-il. D’où, un mécanisme d’appui adéquat, sous l’égide de l’OCI, serait envisagé.

Le rôle de la Tunisie

Toutefois, l’actuelle crise en Afghanistan, semble-t-il, n’est pas seulement un défi humanitaire. Elle risque, selon lui, d’avoir des retombées d’ordre sécuritaire, favorisant l’instabilité et provoquant un flux massif de réfugiés. Cela pourrait nuire à la paix et à la sécurité sur le plan aussi bien régional qu’international. A cet effet, l’ambassadeur s’est félicité de la position politique adoptée par son pays à l’égard de ce qui se passe de l’autre côté de ses frontières, en Afghanistan. «Cela s’est traduit par un double travail politique et diplomatique», précise-t-il. Sur cette lancée, il souhaite que la session extraordinaire soit l’occasion d’envisager des mesures pratiques et concrètes pour aider à répondre aux besoins humanitaires du peuple afghan. «Le Pakistan continuera à être aux côtés de ses frères afghans», insiste-t-il.

De même, l’ambassadeur compte beaucoup sur la participation tunisienne, censée apporter un appui nécessaire à la résolution d’une telle crise humanitaire.

Rappel pour l’histoire: la situation en Afghanistan avait fait l’objet, en 1980 à Islamabad, de la 1ère session extraordinaire du Conseil des ministres des AE de l’OCI. Quarante deux ans plus tard, elle refait surface, avec beaucoup plus d’insistance. Outre les Etats membres de l’OCI, le rendez-vous sera, cette fois-ci, rehaussé par la présence des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, en tant qu’invités spéciaux à la session.

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