Intervenant lors du panel “Investissement et attentisme: Quels remèdes?” qui s’est tenu vendredi 10 décembre, à Sousse, dans le cadre de la 35e édition des journées de l’entreprise de l’Iace, l’expert en économie et universitaire, Maher Gassab, a préconisé l’établissement d’un pacte entre les secteurs privé et public, lequel pacte permettra d’instaurer, outre les réformes nécessaires, un moratoire fiscal.

Selon Maher Gassab, expert en économie, le climat d’attentisme qui règne en Tunisie, et qui date du début des années 2000, a été aggravé par la crise des subprimes qui s’est déclenchée en 2008 et qui a généré des problèmes de financement auprès des PME. L’universitaire a affirmé que malgré l’espoir apporté par le changement qui a eu lieu en 2011, la tendance ne s’est pas inversée et l’attentisme est toujours d’actualité. Les problèmes politico-économiques, les tensions sociales, la crise des finances publiques sont autant de facteurs qui ont contribué à l’aggravation de la situation.

Gassab a affirmé que la présentation d’une feuille de route portant sur les réformes structurelles ne peut que rassurer les investisseurs et rompre avec cet attentisme latent. Sauf que cette phase d’attentisme a été aussi accentuée par la crise sanitaire qui est à l’origine de la stagflation, a-t-il soutenu. “C’est une réalité et c’est un risque très important. On doit faire attention. Un climat, où la croissance est faible et où les risques inflationnistes planent sur l’économie, est un climat qui n’encourage pas à l’investissement. Il est plus que nécessaire qu’on trouve ensemble des solutions pour dépasser cette spirale stagflationniste d ’autant plus que ce même risque de stagflation existe dans les pays développés”, a-t-il indiqué.

L’expert a, à cet égard, fait savoir que la feuille de route des réformes structurelles, proposée par le gouvernement peut être renforcée par l’établissement d’un pacte entre le monde de l’entreprise et les décideurs politiques. Selon Gassab, il s’agit d’un pacte qui permet d’instaurer , outre les mesures de réformes nécessaires, un moratoire fiscal afin d’épargner aux entreprises de nouvelles augmentations fiscales notamment dans cette phase d’incertitude tout en essayant de mettre en application des incitations fiscales pour encourager l’investissement et la création d’emplois. L’expert a en somme expliqué que ce pacte permettra aux divers acteurs économiques d’agir dans le cadre de l’économie constitutionnelle.“Ce pacte ne peut que cadrer et aider le monde de l’entreprise à avoir plus de confiance dans les décisions économiques et s’inscrire dans ce cercle vertueux d’investissement et de création d’emploi et par ricochet contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population”, a-t-il conclu.

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