«Cendrillon», classique universel de Charles Perrault et des Frères Grimm traverse des générations, des époques et donne une dimension nouvelle à des films en phase avec notre époque. «Barisa», du réalisateur tunisien Slown, est un conte moderne court, réalisé en 2019 et accessible sur Artify.

«Barisa» est une jeune maman vivant à Paris. Privée de la garde de ses enfants, elle lutte au quotidien pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires en travaillant en tant que serveuse dans un restaurant, tout en ayant un objectif crucial : parvenir à obtenir la garde de ses enfants. Mais ce n’est pas gagné…

«Barisa», endossée par Amira Chebli, est sujette à des angoisses diverses. Traînant un vécu étriqué, elle est écrasée par le poids d’un présent peu reluisant et difficile. La jeune femme tient à s’évader : elle s’adonne à des rencontres nocturnes, se dope aux substances, et contourne à sa manière les aléas de la vie. Telle une âme errante, elle aspire à une existence paisible. Elle s’interroge, cherche, se cherche une planche de salut. La trouvera-t-elle en rencontrant «le prince charmant», tel qu’il est conçu dans l’inconscient collectif : aimant, bienveillant, charmant et issu d’une classe aisée ?

Le court métrage tuniso-français de Slown d’une durée de 13 min est une interrogation. Un conte achevé (ou pas), tourné dans un Paris esthétiquement attrayant et typique. «Barisa», remarquablement interprétée par Amira Chebli, est au cœur d’une existence sociale fragile : celle d’une jeune femme luttant contre ses vices et ses démons, seule. Le film possède un aspect magique, féerique et est riche d’une esthétique singulière. C’est sur la rencontre contemporaine de «Barisa» et d’une fée, que le court métrage prend son sens… donnant libre cours aux spectateurs de se forger leur propre épilogue.    

«Barisa» est disponible sur la plateforme de streaming tunisienne Artify depuis le 19 novembre 2021. Il a été présenté au public pour la première fois dans la section «Regard sur le cinéma tunisien» lors des Journées cinématographiques de Carthage de 2019. A l’affiche Amira Chebli, Franck Chevillard, Dhia Rajeb, Sevan Krimian, Julia Leblanc Lacoste, Laura Houvenagel, Marie Bokillon et Ike Alexendre. Slown a déjà trois courts métrages à son actif : «Le temps, la mort et moi» (2014), «La suite sans suite» (2015) et «Aïe Love You» (2016).

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