La Tunisie célèbre, à l’instar des autres pays, la Journée mondiale contre le travail des enfants qui coïncide avec le 12 juin de chaque année
L’Organisation nationale du travail, le ministère des Affaires sociales ainsi que le ministère des Affaires de la Femme, de la Famille, de l’enfance et des séniors ont aménagé une tente devant le théâtre municipal à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis afin de sensibiliser les citoyens à la question du travail des mineurs. Les manifestations se dérouleront aujourd’hui et demain avec des spots de sensibilisation diffusés sur des écrans géants, des animations et des ateliers de théâtre  réalisés par les enfants des centres d’intégration.

7.9 %. C’est le pourcentage des enfants mineurs qui travaillent en Tunisie, selon l’enquête nationale sur  le travail des enfants en Tunisie réalisée en décembre 2017 par l’Institut national de la statistique.

La législation tunisienne interdit  pourtant catégoriquement le travail des enfants de moins de 16 ans et a émis des réserves sur le travail des enfants âgés entre 16 et 18 ans, qui ne doivent absolument pas exercer un travail qui met leur santé ou leur sécurité en danger.

« Certes, ces lois peuvent réduire la fréquence de ce phénomène mais ne peuvent pas éradiquer définitivement le travail des enfants surtout dans les régions de l’intérieur comme le nord-ouest où l’abandon scolaire est très répandu et touche de plus en plus d’adolescents», a relevé M. Nabil Ourari, conseiller des services publics et chargé des fonctions de directeur du conseil national du dialogue social et coordinateur de la manifestation, dans sa déclaration à La Presse.

Et d’ajouter que le pourcentage le plus élevé des enfants qui travaillent a été signalé dans la région du nord-ouest où il est estimé à 27.7% contre 5.4% dans le Grand-Tunis et 2% dans le sud-ouest.

«Nous comptons 2 millions 300 mille enfants en Tunisie dont à peu près 180 mille travaillent, selon les statistiques de décembre 2017 ! C’est énorme ! Nous luttons pour réduire ce chiffre avec des actions de sensibilisation de ce genre ! En fait, nous estimons que ce chiffre va être revu à la baisse grâce à la nouvelle loi de 2016 qui pénalise les parents qui n’ont pas scolarisé leurs enfants de moins de 16 ans à l’école ou qui ne les ont pas inscrits dans un centre de formation professionnelle ! »  a, par ailleurs, observé le responsable.

Le travail des enfants est un phénomène ancré notamment dans les régions marginalisées de l’intérieur où certaines familles envoient leurs filles et fillettes travailler comme aide-ménagères couchante à Tunis ou exploitent les garçons dans des activités pénibles comme l’agriculture ou dans les usines, ce qui peut menacer leur sécurité mis à part les conséquences psychologique qui peuvent en découler…

Ces derniers doivent être conscients qu’ils sont  nés au sein de familles ignorant leur droit élémentaire à l’éducation, à l’épanouissement  et au bien-être!

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