Le long métrage « Gadha » d’Anis Lassoued a eu le prix du jury mention spéciale à la 43e édition du festival du Caire. Il nous a accordé cet entretien.


Quelle est votre évaluation du festival du Caire dans cette édition ?

J’étais agréablement surpris par l’organisation de cette édition du festival du Caire. Le festival est construit sur des bases solides. Les films dans la compétition sont des premières de très haut niveau. Pas d’intrus ni à l’ouverture ni à la clôture et même s’il y a des strass et des paillettes, ce sont les actrices qui les portent. D’autre part, ce festival a réussi à s’entourer de partenaires aussi bien égyptiens qu’internationaux ainsi que de plusieurs bouquets de chaînes les plus en vue. C’est ce qui donne à son volet « industrie » un côté très important. Dans les « industry days », on ne retrouve que des professionnels de cinéma. Pas d’intrus non plus dans cette catégorie. C’est aussi un festival qui facilite la rencontre avec les gens. C’est quelque chose dont nous sommes privés, nous les Tunisiens, lors des JCC puisqu’il y a des professionnels qui viennent et qui rentrent sans qu’on soit au courant de leur présence. Ils ne figurent même pas dans le catalogue.

C’est aussi la première mondiale du film au Caire, vous attendiez-vous à cette distinction ?

C’était la première rencontre de « Gadha » avec le public, mais aussi avec les critiques. Des critiques qui étaient vraiment très positives à l’égard de mon film. Il y avait un phénomène « Gadha » après sa projection au Caire. Force est de croire que le cinéma tunisien jouit d’une bonne réputation en Egypte. Et la critique y est pour beaucoup. Cela m’a poussé à me rendre à une évidence pour le moins douloureuse, à savoir que le métier de critique de cinéma est en train de s’effilocher chez nous en Tunisie. C’est un métier qui n’a même plus d’espace. L’évolution du cinéma n’est malheureusement pas suivie par une critique à son niveau. Pour parler du film, je dirai que « Gadha » a touché le public en provoquant en lui une grande émotion et c’était le but recherché. Les critiques m’ont confirmé la qualité de ce film. La qualité technique surtout parce que « Gadha » doit aussi sa réussite à la technicité tunisienne. 

Quelles étaient les principales étapes de l’écriture à la réalisation   ?

Le film est co-écrit par Chema Ben Chaâbene et moi-même sur une idée que j’ai proposée. Et nous avons choisi une écriture qui privilégie le point de vue d’un   enfant. En fait, c’est l’enfant qui nous raconte le film à travers un voyage visuel. Le décalage avec le monde des adultes est de taille ! Il nous a fallu vivre comme un enfant de 12 ans… Nous avons également engagé des consultants pour nous aider à la construction du scénario. Une fois que j’ai choisi Yassine Tormsi pour jouer le rôle de Gadha et Zakaria Chiboub pour le second rôle, nous les avons fait coacher par l’entraîneur national de tir à l’arc. J’ai procédé à des répétitions de toutes les séquences dans un théâtre et cela m’a permis de mettre un dispositif pour filmer ces enfants qui sont les protagonistes du film.      

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