On ne peut rester indifférents devant ces cascades de mauvaises nouvelles qui s’abattent sur  le consommateur tunisien. Bizarrement, tout est fait pour cibler son portefeuille, son pouvoir d’achat et sa nourriture. Pure coïncidence ou orientation bien planifiée ? A chacun de juger.

Chaque jour, le Tunisien est confronté aux plus grandes difficultés. Le cours de sa vie est ponctué d’obstacles et d’entraves les uns plus inhibants que les autres. Ainsi, on lui apprend à longueur de journée  que tel ou tel produit n’existe pas ou a disparu de la circulation. Une fois c’est l’eau qui est coupée, une autre c’est le pétrole bleu qui n’est plus vendu dans les stations services  (on pense, ici, aux habitants des zones intérieures confrontés au  grand froid de l’hiver et qui se chauffent en utilisant ce liquide), une autre fois c’est le sucre en vrac, etc. Mais  il y a toujours l’éternelle question de l’huile ménagère subventionnée qui n’existe que dans les annonces officielles du ministère du Commerce. Le sucre, aussi, fait des siennes.

Mais, cette fois, c’est le secteur des œufs qui fait parler de lui avec force. D’où l’idée qu’il y a, bien, quelque chose qui se trame contre le modeste consommateur. Déjà, il n’avait guère le choix pour se nourrir et voilà qu’on le prive de son petit repas frugal qui n’est autre que la “ojja” tunisienne. Repas économique et à portée des faibles bourses, il est en passe de devenir hors de portée du simple consommateur. Avec les prix qu’on veut appliquer, bientôt, cela deviendra un luxe de s’offrir ce plat populaire typiquement tunisien. C’est d’ailleurs le cas de ce qu’on appelle “lablabi” qui aurait atteint des prix inimaginables à cause, justement, des pois chiches dont les prix ont atteint des sommets.

Vraiment, on touche, directement, à la nourriture du Tunisien. Celui-ci, ayant désespéré des viandes rouges, s’est rabattu sur les volailles. Mais ne voilà-t-il pas que ces viandes elles-mêmes sont devenues incontrôlables et affichent des prix incroyables. On nous dit, à chaque fois, qu’il y a des causes exogènes et que les producteurs n’y sont pour rien. Même chose pour le chapitre des œufs. Les augmentations sont devenues régulières et se répètent plus d’une fois chaque année.

Les raisons invoquées ne sont pas du tout convaincantes. Le simple observateur n’y voit qu’un gros mensonge. Ceux qui parlent de faillite nous mentent, se dit-il. Sinon pourquoi continuer à travailler dans cette filière ? Un créneau qui n’est pas rémunérateur ne peut être sollicité par les exploitants en place. Quand on évoque les pertes du secteur, cela ne peut être qu’un prétexte pour introduire de nouvelles augmentations et faire monter la pression. Le climat social créé par ces pénuries artificielles et ces augmentations inconsidérées semble chercher un objectif inavoué. Il cherche, tout simplement, à chercher à affamer les classes sociales les plus faibles et continuer à paupériser la classe moyenne déjà en butte aux plus grandes difficultés.

En effet, si ces professionnels dans le secteur des volailles, des œufs et dans d’autres produits agricoles rencontrent des problèmes, ils doivent sentir, aussi, les difficultés du consommateur et en tenir compte dans leurs calculs. L’égoïsme n’a jamais payé. S’ils entendent passer outre et faire fi de toutes règles, c’est à leurs risques et périls. Le consommateur n’est pas fait pour leur servir de vache à lait.

Les organisations professionnelles qui les représentent (Utica et Utap) ont, justement, pour fonction de leur faire comprendre, une bonne fois pour toute, que le pays passe par une phase exceptionnelle et qu’il a besoin de la contribution de tous pour franchir le pas dans un climat de solidarité et de concorde. Des sacrifices ? Il en faut !

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